‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 358 sur 465 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les mêmes; ÉLISE.

ÉLISE

As -tu vu le courrier ?

LUCIE

J'en viens.

ÉLISE

Apporte, donne.

5o6 DON LOPE DE CARDONE,

LUCIE

Tenez.

ÉLISE, lisant.

« A LA COMTESSE ÉlISE DE CaRDONE.

» Demain , ma chère sœur , vous saurez par ma bouche » Où nous avons du roi réduit les ennemis ; » Et que , nous surmontant en tout ce qui le touche , » Nous exécutons plus que nous n'avons promis : » Permettez que le fils espère , » Quand je fais triompher le père ; » Et ne troublez à mon retour » D'une humeur chagrine et sévère » Ma victoire ni son amour.

» Don Lope de Cardone. »

DON pèdre, a part.

O d'une ingrate sœur noble et généreux frère , Qui condamne sa haine et qui veut que j'espère !

ÉLISE

O foible et lâche avis d'un frère généreux , Moi , voir cet assassin d'un œil moins rigoureux ! Moi , laisser espérer un amour qui m'offense ! Moi , du sang d'un amant être la récompense ! Faire sur ma mémoire un si barbare effort , Et recevoir la main dont il reçut la mort ! Une main de son sang encore dégouttante ! O frivole conseil et ridicule attente ! Ah! plutôt, cher objet d'un si sensible ennui , Un cercueil avec toi qu'un trône avecque lui !

LUCIE

Je n'ose vous rien dire , et votre violence Retient tous mes pensers sous la loi du silence ;

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