‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 384 sur 465 · CYNTHIE · texte numérisé non relu

CYNTHIE

Leur choix n'a point trompé , le roi l'a bien juge,

THÉODORE

Après et l'agrément et l'aveu de mon père , Celui que je reçois ne me sauroit déplaire ; Je puis en faire état sans blesser mon devoir , Et ne répugne point à souffrir votre espoir. Mais sans un autre aveu mon amour n'ose naître , Mon cœur se déclarer , ni mon choix vous paroître ; Mon empire étant libre établira ses lois , Mais j'attendrai du roi la liberté du choix. Cependant j'ai regret , comte , qu'une aventure Où j'ai tant d'intérêt vous coûte une blessure.

(Elle donne une e'charpe à don Sanche.)

Une écharpe est bien due au service d'un bras A qui l'on a coûté du sang et des combats. Tenez , don Sanche.

DOW SANCHE

O ciel , quel sang , grande princesse , Vous peut - on à ce prix donner sans allégresse ?

DON LOPE, a part.

O faveur ! ô présent à mon esprit fatal ! L'infidèle à mes yeux obliger mon rival , Et m'avoir abusé d'une si vaine attente ! O sexe dangereux , et princesse inconstante !

THÉODORE

Remenez -moi, don Lope. Adieu, comte.

DON LOPE

O mon cœur !

Cessons de murmurer après cette faveur.

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