ACTE IV, SCENE VIII. SSg
Oui , je sais la défense du roi, Qu'un mot est en sa bouche une immuable loi , Et qu'à l'avoir enfreinte il y va de ma tête. Mais je meurs trop heureux après votre conquête. Quelque évident péril que je coure en ces lieux , Je ne puis trop payer cet aveu glorieux.
THÉODORE
Pourquoi remettre au sort de ce combat funeste La conquête d'un cœur qu'en vain on te conteste? Combien depuis trois ans mes yeux et mes soupirs Ont - ils dû clairement t'expliquer mes désirs ! Mais il n'est pas saison que je t'en entretienne. Va -t'en, sauve ma vie en conservant la tienne. Va, ne t'expose pas aux premiers mouvemens Que le roi peut permettre à ses ressentimens. En ses plus favoris il veut que sa puissance Rencontre du respect et de l'obéissance : Ta tête auprès de lui n'est pas en sûreté , Je connois sa justice et sa sévérité ; Attends que sa fureur soit un peu dissipée. Va, le temps et mes pleurs