ACTE II, SCENE III
ADÉLAIRE.
J'espérois , mais en vain , avoir tantôt surpris Quelque place en son cœur après tant de mépris , Et que l'amour enfin à son âme changée Pouvoit représenter une épouse affligée.
Je l'avois sur la langue alors que plein d'effroi Il eut le fer en main pour la poursuivre en moi. Quoi, traître, me dit-il, tu porte en ta pensée Une idole orgueilleuse à mes pieds renversée !
SIGISMOIYD.
Barbare , je saurai former de ses débris
Des armes à venger tes insolens mépris ;
Je saurai t'obliger d'adorer cette idole ,
Et lui rendre en mourant l'honneur que tu lui vole,
Et dresser sur ton sein , de mille coups percé ,
L'autel qu'injustement ta main a renversé.
Enfin nos conjurés...
Contre le prince infâme Semblent en plusieurs corps n'avoir qu'une même âme , Et venger comme vous l'intérêt d'une sœur.