‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 71 sur 465 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LÉONOR, DON PÈDRE, LE COMTE, PÉRÈS, Gardes.

DON PÈDRE, relevant Léono?\ qui, en entrant ^Juit un faux pas.

Hé, madame!

(Il laisse tomber la requête.) LÉONOR.

Seigneur, c'est un bonheur pour moi Qu'ayant à choir, ma chute arrive aux pieds du roi Dont le rang me prescrit l'état où je me treuve.

DON PÈDRE

C'est de votre mérite une infaillible preuve. Que, pour vous relever et servir au besoin,

io4 DON BERNARD DE CABRÈRE,

A mes mains la fortune en ait commis le soin.

Oui, madame, ce soin tombe en des mains puissantes,

Capables de remplir et passer vos attentes.

Qui vous peuvent donner un rang qui vous défaut^

Et ne relèvent point sans élever bien haut.

LÉONOR

Que puis-je désormais craindre de la fortune, Si me terrassant même elle m'est opportune; Si ma chute m'élève, et si choir est un saut Pour me rendre plus ferme et m'élever plus haut? C'est d'un bonheur insigne une preuve constante,

où s'adressent vos pas?

LÉOPfOR.

Je passois chez l'infante.

DON PÈDRE

Je vous y rends.

LEONOR

Seigneur !

DON PÈDRE

Accordez-moi ce point.

Mandez des cruautés, mais n'en exercez point. Rebutez , méprisez , tuez dans une lettre ; Mais présente , souffrez ce qui se peut permettre , Et ne refusez pas une civilité.

LÉONOR

Si i'osois remontrer à votre majesté,

Qu'à quelque si haut point que sa bonté m'oblige,

Il m'est de conséquence étant....

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