ACTE III, SCÈNE IV. i3i
DON PÈDRE
Que dois-je inférer de ce trouble d'esprit? Perfide! quelle foi veux-tu que j'en présume?
PÉRÈS
J'écrivois sans dessein que d'éprouver ma plume.
DON PÈDRE lit.
« Je ne demande pas, vive source de flammes, » Que vous me permettiez une nécessité; » Le pouvoir que vos yeux exercent sur les âmes » Doit répondre pour moi de ma captivité.
)) Je sais bien que mon rang déshonore vos chaînes, » Et que votre beau joug , aux libertés fatal , » Semble, faisant ployer des têtes souveraines, » Tomber indignement sur le cou d'un vassal.
« Mais, belle Léonor, si mon amour extrême, » Et les fers glorieux où je suis arrêté, » Ne brillent par l'éclat que jette un diadème, » Ils brillent par ma flamme et par sa pureté.
(A Përès.)
» L'hymen où je prétends... » Et cette audace, traître!
PÉRÈS
Seigneur !
DON PÈDRE
Est le respect d'un vassal à son maître! J'ai fait un digne choix, et versois mon secret Dans une âme loyale et dans un sein discret. Quoi! perfide, une ardeur de sens si dépourvue, Te fait lever les yeux où je porte la vue ,
i32 DON BERNARD DE CABRÈRE,
Et tes feux insolens me donnent pour rival L'indigne agent des miens , un ministre , un vassal ! C'est avec juste droit, traître, que je te fie Les secrets concernant mon honneur et ma vie, Si tu me peux tramer ce détestable tour, Et si tu m'es perfide en un crime d'amour. C'est là ce zèle ardent que tu faisois paroître? Holà, gardes!