‹ uvres de Jean RotrouChapitre 107 sur 422 · ACTE IV, SCÈNE IL i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IL i

LÉONOR

Vous tenez tous objets pour bien indifférens , Si vous méconnoissez vos plus procbes parens. Ne suis-je plus la sœur que vous eûtes si chère? Monsieur, vous lassez-vous d'ouïr le nom de frère ?

LE ROI

Au pitoyable état où mes jours sont réduits,

Je n'ose m'assurer si moi-même je suis :

En quels lieux sommes-nous Pdepuis quand , et quel prince »

Si vous le connoissez, règne en cette province?

LÉANDRE

Ce pays se maintient sous un règne si doux, Qu'on n'y souhaite point de souverain que vous. Il est vrai que, depuis le mal qui vous possède, A qui nous ne pouvons apporter de remède , Un vice-roi vous dût affranchir de souci. Un monarque souffrant, son état souffre aussi; Même on juge fort mal de vos villes frontières , Qu'elles pratiqueront des provinces entières , Et secoûront le joug de vos commandemens , Si d'autres n'ont le soin de ces gouvernemens: Au mal que vous sentez, si vous aimez à vivre , Il faut qu'un vice-roi de ces soins vous délivre.

Votre conseil , ma sœur, m'est important ici. Qui pourrai-je charger d'un si noble souci ?

LÉONOR

J'approuve cet avis, et ne connois personne Qui l'exécutât mieux que celui qui le donne. Ce Leandre, qui parle à votre majesté, A du mente autant que de fidélité.

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