‹ uvres de Jean RotrouChapitre 109 sur 422 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

FABRICE seul

Ce prince n'a pour moi que trop de volonté,

Et son mal seulement fait ma nécessité :

Je ne le puis qu'à tort accuser d'avarice ;

Sa seule infirmité me nuit , et non son vice;

Et ce mal inconnu le presse tellement ,

Qu'en tout un mauvais jour il n'a qu'un bon moment.

Bons dieux! que j'ai de part en cette maladie,

Et que je dois prier que l'on y remédie!

Si cet esprit léger étoit long-temps ainsi,

Ma bourse pourroit bien l'être long-temps aussi.

Du plomb mis en sa tête , où ce mal prend sa source ,

Vaudroit assurément bien de l'or dans ma bourse.

Si faut-il, s'il demeure en cette extrémité,

Tirer quelque profit de son infirmité ,

Et, comme il est crédule, en ce point de misère,

De quelques faux avis tirer un vrai salaire.

Le voici, je le vois.

Page 1