‹ uvres de Jean RotrouChapitre 124 sur 422 · LILIANE, LE ROI, FABRICE, MÉLITE · texte numérisé non relu

LILIANE, LE ROI, FABRICE, MÉLITE

LE ROI

Approche, mon soleil.

Que j'égare mes vœux dessus ce teint vermeil; Mon âme , par un sort si long-temps altérée , 'Ne sera qu'en ces fleurs désormais égarée ; Mes maux trouvent leur fin en cet heureux moment, Et, s'il m'en reste aucun, c'est l'amour seulement. Léandre et Léonor, d'une cage commune, Ont voulu sur ma perte établir leur fortune. Vois-tu ce diamant?

FABRICE

Enfin je l'ai défait.

LE ROI, tenant des caractères sous la pierre en un

petit morceau de papier.

Ces lettres ont causé ce malheureux effet ; Efface cet écrit et le remets en sorte Que sans aucun danger désormais je le porte : Je veux un peu flatter leurs esprits languissans , En témoignant encor d'avoir perdu le sens.

( Le roi remet l'anneau. )

Est-il rejoint? apporte; et cours en diligence Leur dire que le roi désire leur présence.

(I Fabrice va quérir Lëandre et Léonor.) LILIANE

O ciel! qui vit jamais un accident pareil. Je doute en cet état si je vois le soleil.

Tu vois, chaste beauté , le soleil que j'adore. En regardant mes yeux oii tu le peins encore.

Page 1