‹ uvres de Jean RotrouChapitre 185 sur 422 · DIANE, DORANTE, PHILAGTE, THÉANDRE · texte numérisé non relu

DIANE, DORANTE, PHILAGTE, THÉANDRE

DIANE

Monsieur, quelqu'un là-bas heurte avec violence; Mais , pour n'enfreindre point votre expresse défense , J'ai différé d'ouvrir.

THÉANDRE

Son nom t'est-il connu?

DIANE

C'est de Cléagénor si j'ai bien retenu.

THÉANDRE

O de tous mes malheurs , malheur le plus funeste ! Qu'ai -je à délibérer au moment qui me reste? Qu'on ouvre, je l'attends. Dorante, c'est assez

(Diane va ouvrir.)

Avoir de vains transports mes esprits exercés; Que d'un commun propos notre commune plainte Cesse, et laisse revivre une amitié si sainte ; Je cède aux lois du ciel, cédant aux lois du sort Qui par cet accident dissipe mon effort ; Il me rend mon repos alors qu'il le traverse; Et, pour le rétablir, il faut qu'il le renverse.

PHILACTE.

O malheur favorable!

DORANTE

o désordre charmant!

THÉANDRE

Voyez-moi réparer le tout adroitement.

J'ordonnois, redoutant cette fatale perte,

256 CLÉAGÉNOR ET DORISTÉE,

Qu'à mon su seulement la porte fût ouverte : J'épiois Doristée, et lisois en ses yeux Le dessein qu'elle avoit de sortir de ces lieux. Mais, ô juge des cœurs, que notre vigilance Contre tes volontés est de foible défense ! Tu détruis nos desseins, et ni pièges, ni rets, Ne peuvent renverser l'ordre de tes arrêts !

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