‹ uvres de Jean RotrouChapitre 188 sur 422 · ACTE Y, SCENE VL aSQ · texte numérisé non relu

ACTE Y, SCENE VL aSQ

CLÉAGÉNOR.

Quoi, Doristée est morte?

THÉANDRE

Puisque j'en ai tant dit , oyez de quelle sorte.

CLÉAGÉNOR.

J'entendrai quel malheur a terminé ses jours; Mais achevez ma vie achevant ce discours.

THÉANDRE

Un voleur, dont l'audace à nulle autre est pareille ,

Surprit au coin du bois cette jeune merveille,

Et la tirant plus loin , le poignard sur le sein ,

La pria d'accomplir son lubrique dessein.

Elle voulut sauver son honneur et sa vie ,

Mais aux cris qu'elle fît l'une lui fut ravie.

Il rougit son poignard du sang de ce beau corps,

Et soumit sa belle âme à l'empire des morts.

Je surpris ce voleur la main encore teinte

Du beau sang qui couloit d'une veine si sainte,

On l'amena chez moi, je le fis enfermer,

Et ce corps précieux dans le temple inhumer.

Je sus par une lettre en sa poche trouvée.

Que cette belle étoit votre amante enlevée ;

Car la lettre est de vous, que, depuis ce malheur,

Je fais chercher partout pour punir ce voleur.

CLÉAGÉNOR.

Quoi, ce monstre est ici?

THÉANDRE, a Dorante.

Commandez qu'on l'amène.

( Diane va chercher Doriste'e.)

26o CLÉAGÉNOR ET DORISTÉE,

CLÉAGÉÎVOR.

Quel effort, quel excès assouvira ma haine? Ma main de mille coups lui percera le flanc ; J'arracherai son cœur, et je boirai le sang.

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