‹ uvres de Jean RotrouChapitre 190 sur 422 · ACTE V, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIL

DORISTÉE.

Mon cœur, tu n'es pas mort?

Cher objet de mes yeux!

CLÉAGÉJVOR.

Eeau sujet de mes larmes !

Vous respirez le jour et je revois vos charmes. O bonheur! ô transport à nul autre pareil! O le plus heureux jour qu'ait produit le soleil !

DIAJVE.

Dieux! qu'est-ce que je vois!

THÉAJYDRE.

En cette aise commune, Allons de vœux communs bénir votre fortune • Et l'on s'entretiendra des maux qu'on a soufferts Quand nous aurons aux dieux nos hommages offerts,

(Tous sortent.)

DiA]>fE seule.

o l'agréable abus! que pouvoit cette belle? Je cédois à l'amour et j'espérois tout d'elle ; Mais nature y pourvut, et mon honnêteté^ Quoique je l'exposasse , étoit en sûreté.

FIN DE CLEAGÉNOR ET DORISTÉE,

COMEDIE

HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE

RoTROu, tout en composant de mauvaises pièces de théâtre, formoit son style, et maintenoit déjà son dialogue avec plus d'art qu'aucun de ses contemporains , entre la trivialité de la farce et l'exagération espagnole, en ce temps fort à la mode. Entraîné malheureusement par l'exemple de ses prédécesseurs et par le goût de son siècle , il ne contribua que bien plus tard à réformer l'action dramatique, alors d'autant plus admirée qu'elle étoit compliquée et même confuse. La Diane est presque inintelligible à la lecture ; ce défaut étoit sans doute moins choquant à la représentation , où chaque personnage est facilement reconnu et distingué du spectateur parmi le grand nombre d'acteurs principaux qui concourent essentiellement à l'action de la Diane, S'il faut en croire son auteur, elle fut applaudie du public, qui ne lui trouva pas ,

dit-il, de ces beautés effrontées qui ne se plaisent que sur le théâtre, ni de ces grâces affectées qui font paraître les autres. Rotrou la dëdia au comte de Fies que.

Diane est sœur de Lysandre : leur mère, voulant faire passer toute sa fortune à son fils, confie Diane à un paysan de Boulogne où elle est élevée sans connoître sa naissance. Elle inspire cependant une grande passion à Lysimant ; mais Tinfidèle la quitte pour se rendre à Paris, où il recherche bientôt Orante en mariage. Diane, instruite de son projet, le suit et entre au service de sa rivale. Sylvian, jeune paysan amoureux de Diane, court après elle et devient cocher de Lysimant. Diane gagne l'affection de sa maîtresse, et lui fait parvenir les lettres que le perfide Lysimant lui a jadis écrites. Orante , qui est éprise d'un certain Ariste , est ravie d'avoir un prétexte pour rompre avec Lysimant; et celui-ci, changeant d'affection, annonce qu'il va porter ses vœux vers Rosinde. Diane, le gagnant de vitesse, et sachant que cette belle est fiancée avec Lysandre sans l'avoir vu, se travestit et se présente sous ce nom chez Rosinde. Mais le véritable Lysandre arrive et réclame ses droits; étonné de voir sa place remplie , il veut punir l'imposteur, qui n'a de ressource contre sa vengeance qu'en décla-

rant son sexe. Diane se découvre le sein, etLysandre la reconnoît pour sa sœur à un signe particulier qu'elle porte en cet endroit. Cette reconnoissance amène tout à coup le dénoùment. Lysimant, voyant une grande fortune à Diane, consent délicatement à l'épouser : Lysandre s'unit à Rosinde; Orante obtient son cher Ariste ; et Sylvian se contente de Dorothée, suivante de Diane.

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ACTEURS

DIANE , sous le nom de CÉLIRÉE.

DOROTHÉE

ORANTE

LYSIMANT.

ARISTE

ORIMAND.

SYLVIAN.

FILÉMON.

LYSANDRE

DAMON

UN LAQUAIS

Exempt.

Archers.

La scène est à Paris,

COMÉDIE

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