‹ uvres de Jean RotrouChapitre 252 sur 422 · CLEONTE, ET AUTRES CHASSEURS · texte numérisé non relu

CLEONTE, ET AUTRES CHASSEURS

Continuez la chasse, et souffrez que mes yeux Se laissent enchanter aux objets de ces lieux; Déjà les soins divers en qui mon sort abonde Se sont évanouis au doux bruit de cette onde; Un dieu seroit charmé dans ce lieu plein d'appas. Vous, Cléonte, et vos gens, ne vous éloignez pas, Attendez mon réveil sous ce divin feuillage Oîi ces petits oiseaux font un si doux ramage.

(Elle s'assied et s'endort.)

CLÉONTE

Je crois qu'ils n'ont appris ces amoureux accens Qu'à dessein d'en pouvoir entretenir vos sens, Que vous seule empêchez ces ruisseaux de se taire ,

35o LES OCCASIONS PERDUES,

Que les fleurs de ces lieux y naissent pour vous plaire, Et que ces doux zéphirs y viennent sans dessein Que de vous y baiser les cheveux et le sein. Mais dieux! je parle encore, et la reine repose; Ses beaux yeux se fermant n'ont pas ma bouche close. Ecartons- nous sans bruit : que ces yeux ennemis , Qui m'ont ravi le cœur, ont de grâce endormis! Quand ils sont éveillés que ma force est petite. Puisque même dormant ils me mettent en fuite !

(Ils vont dans le bois. )

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