‹ uvres de Jean RotrouChapitre 298 sur 422 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

CLORIMAND, LYSIS.

CLORIMAJVD.

Sur le point d'obtenir cette possession ,

Toute chose conspire à mon intention:

Puisque cette visite est si favorisée,

Je crois que de là-haut elle est autorisée;

Que je trouve ce soir le ciel officieux!

C'est en notre faveur qu'il a fermé les yeux,

Comme on les voit fermer quelquefois à la mère

Qui voit que son enfant redoute sa colère ,

Et qu'il n'ose approcher d'un fruit qu'il veut avoir,

Tandis qu'elle est présente et qu'elle le peut voir.

Ah! l'agréable fruit que mon âme désire.

Et qu'on m'outrageroit voulant me l'interdire!

Mais qu'ai-je à redouter si mes vœux sont reçus,

Si ma belle a donné l'oracle là-dessus?

Elle m'accusera de beaucoup de paresse,

Et m'en fera sans doute un peu moins de caresse;

Je vois qu'il est plus tard que je ne pensois pas.

( Le roi et Clëonis viennent à la porte de la reine. )

Mais qui sont ceux , Lysis , qui viennent sur nos pas ? Cachons-nous en ce lieu.

LE noi , parlant bas.

Dieux ! que j'étois en peine Comment je trouverois la porte de la reine. Il suffît, Cléonis; puisque nous y voici. Sans m'attendre et sans bruit, retire-toi d'ici.

(Cléonis sort. )

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