ACTE III, SCENE IV
CÉLIFDE.
Adieu toutes ces plaintes,
ALIASTE,
Donne un peu de licence à ces vives atteintes ; Et, si tu sais quel œil est auteur de mes vœux, Dis -moi quel fruit je dois espérer de mes feux; Si son cœur est encor touché de mon martyre, Si pour moi seulement sa belle âme soupire ? Oblige d'un seul mot mon désir curieux,
CÉLINDE.
Un mort t'est préféré.
ALIASTE.
Destins injurieux ! Bourreaux, dont la rigueur n'a fait naître nos flammes Que pour nous voir éteints, que pour finir nos trames, Donc pour me mettre à mort vous m'ouvrez la prison , Et ma reine consent à cette trahison!
(Tirant son epe'e , Persi.le le retient. )
Sa beauté ne peut plus agréer mon servage , Et tu vis , Aliaste , après un tel outrage ! Contente par ce coup Cléonice et le sort.....
PERSIDE
Laissez à ma douleur ce violent effort ; Plus foible, je ne puis subsister en ce terme ; Comme homme faites voir un courage plus ferme : Ou, si le ciel nous laisse encore assez de temps, Recherchons un sujet de mourir plus contens. Moi, qu'avec Cloridan même cercueil m'enserre. Qu'ayant eu mêmes feux, nous ayons même terre; Et toi, que ton esprit cesse de t'animer. Aux lieux où Cléonice a cessé de t'aimer.