SCÈNE IV
(dans la chambre de rosélie.)
ROSÉLIE.
Ambitieux objets! Ah! que je blâme ici
L'art de vous embellir avec tant de souci 1
Quittez en me voyant cette inutile peine ,
Que donne à votre esprit votre humeur folle et vaine;
Yous pensez par le fard vos attraits augmenter,
Et moi j'en userois s'il les pouvoit oter.
(Floris vient)
Mais que me veut Floris?
5o2 L'HEUREUSE CONSTAA^CE,
FLORIS
Certaine pèlerine, D'un agréable port, d'une beauté divine, Demande à vous parler.
ROSÉLIE.
( La reine entre avec Florine'e.)
Qu'elle entre. O ciel! ô dieux!
Quel éclat est pareil à celui de ses yeux ?
LA REINE, en pèlerine.
Madame , cette voix qui court par tout le monde , Qui porte les beaux noms sur la terre et sur l'onde, Qui fait en un moment tant de chemins divers, IHe parle que de vous en tout cet univers. Elle ne vante plus la gloire des provinces; Elle a perdu le soin d'éterniser les princes; Les plus rares exploits se perdent sans renom ; Les plus savans esprits sont sans bruit et sans nom; IjCS plus belles vertus s'exercent sans mémoire : Elle donne ses soins à votre seule gloire, Et jusqu'en nos pays fait passer vos attraits Pour le plus grand effort que le ciel fît jamais. Passant par celui-ci, j'ai souhaité la vue De cet aimable objet dont la terre est pourvue; J'ai ce bonheur insigne, et véritablement Ce renom glorieux vous est dû justement; On ne peut trop hanter une beauté si rare, La gloire à vos attraits ne peut être quVvare.
ROSÉLIE.
A quels termes si beaux puis-je avoir du recours, Qui répondent si bien que vos propres discours? Pour dignement parier de vos beautés extrêmes,