‹ uvres de Jean RotrouChapitre 364 sur 422 · ACTE V, SCENE IV. 5o · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IV. 5o

LA REINE, a part.

O de mes accidens le pire et le dernier! Paris nous reconnoît : mais il faut tout nier.

(A Paris.)

Savez-vous qui je suis?

PARIS

La plus parfaite reine Qui jamais ait porté le nom de souveraine.

Vous me connoissez mal, ce nom ne m'est point dû, Et vous êtes celui que je n'ai jamais vu.

PARIS

Ne dissimulez point, vertueuse princesse. Et portez contre moi la fureur qui vous presse, Je rendrai par ma mort votre esprit adouci, Si c'est pour vous venger que vous êtes ici.

Je ne me venge point, n'étant point offensée.

ARGANT, a Paris.

De quelle maladie est son âme blessée?

Elle a moins de raison , ne vous connoissant plus , Que vous n'en avez eu l'offensant d'un refus.

PARIS

Madame, hé! quel espoir en ces lieux vous amène? Quel sujet vous oblige à prendre tant de peine?

ARGANT, a Paris.

N'en espérez plus rien, ses feux sont refroidis, Elle ne connoît plus son amant de jadis.

Je ne vous vis jamais. Dieu, quelle frénésie!

5o6 L'HEUREUSE CONSTANCE,

TIMAIYDRE.

Ah Paris! que l'amour trouble la fantaisie! Ma sœur vous ayant mis à ce terme fatal, Je blâme sa rigueur, et je plains votre mal.

PARIS

Non, monsieur, je suis sain, de sens et de courage, Et vous ne devez pas m'outrager davantage

TIMAWDRE.

Une foible raison produit votre courroux.

Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'amour fait des fous.

PARIS

N'irritez point, Timandre, une juste colère.

Si l'amour fait des fous, mon bras les sait défaire.

TIMAPTDRE.

Vous le devez donc craindre.

PARIS

Ah! c'est trop m'outrager.

L'honneur, malgré l'amour, m'oblige à me venger. Sortons.

(Le roi entre avec sa suite.)

LE "^oi^ retenant Paris et Timandre.

Où courez- vous, animés de la sorte?

PARIS

Sire, un juste sujet à ce courroux me porte: Timandre m'a tenu des mots injurieux.

Qui du plus modéré feroient un furieux.

LE ROI

Qui l'obhge à ces mots?

TIMANDRE, montrant la reine.

Vous voyez cette belle, Sa seule occasion cause notre querelle.

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