SCÈNE VIIL
LE ROI; FABRICE, apportant de l'encre^ une plume et du papier.
FABRICE
Sire , voici la plume , et l'ordonnance aussi :
LE ROI
Quel écrit? quelle plume ici m'as-tu donnée?
FABRICE
Je meure, si j^ai rien qu'elle ne soit signée. Sire , j'aurois déjà les deux mille ducats,
LE ROT
Qu'espères-tu de moi , qui ne te connois pas ?
FABRICE
On ne me connoît pas ? moi? ce Fabrice, sire? Si faut-il me connoître , ou ne savoir pas rire , Et la bile chez vous n'a pas fort arrêté Depuis que j'appartiens à votre majesté.
LE ROI
Dieux! en tant de soucis le sort des rois abonde, Qu'en moins que d'un moment je méconnois le monde! Pardonne, cher ami.
FABRICE
Sire, point de pardon, Si votre majesté ne veut signer ce don.
LE ROI
Quel don? pourquoi ce don?
FABRICE
Pour l'heureuse nouvelle De l'emprisonnement du duc et de la belle.