DÉTOURNER LE COURS DES DÉSIRS DANGEREUX
qui D*ait besoin d'être dirigée, aucune qu'on doive (léUoire. Lorsque l'ange Gabriel préparait le prp* phète Mahomet pour sa divine mission, il lui arracha du cœur une tache noire qui contenait la semence du mal. Malheureusement celte opération n'est pas praticable fbins fe.cœur des hommes ordinaires! I.e^ DCDc^ du bien elles semences du mal sont inabtement mêlées. Les inclinations sont gouçspar les lootifs; mais les motifs sont toutes ^Ines et tous tes plaisirs , toutes les peinesr.à tous les plaisirs à poursuivre. Or tous ces motifs^ jpeovent produire toutes sortes d'effets , depuif tel' meilleurs jusqu'aux plus mauvais. Ce sont (M>arbres qjii portent des fruits excellents ou des I^^Al4'Si»lôil r^ppéition ou ils se trouvent, selon . Ifwf&redu jar&inier, et même selon le vent qui régne et la température du jour. La plus pure k(e^'eillance , trop resserrée dans son objet , ou se tant dans ses moyens, produira des crimes. \q^ .personnelles ^-quoiqu'elles puissent océlâfonnellement nuisibles, sont constamment^us nécessaires : et malgré leur difformité, Ifiii^aisions mâlb^e|Uantes sont tout au moins utiles, CMpe moyens de défense, comme sauvegardes Wtireles invasicM^s de l'intérêt personnel. Il ne s\^ donc de déraciner aucune des affections d\k ttfnr humain, puisqu'il p'en est aucune qui ne joue ^n rdie dans le système de l'utilité. Tout doit se réduire à travaîllcgr sur ces inclinations en détail , •don la direction qu'elles prennent et les effets qu'on en prévoit. On peut encore établir une balance convenable entre ces inclinations, en fortifiant cefles «pi sont sujettes à manquer de force et en affaiblissant celles qui en ont trop. C'est ainsi qu'un cidliTateur dirige le cours des eaux , de manière à œ point appauvrir ses arrosements et à prévenir leors inondgtions par des digues. L''art des digues à'^flfBÈr le coucant qui entraînerait par sa Jes obs^)(^es qu'on lui opposé' de
jenivrantes est, à propre-
^ptÀ extirper sans faire
ira3cîbles , comme je
cessaire dans le cas où
j^àflPantir des injures, à re-
djËs leurs eanemis. L'amour du
en lutHSiéme ; l'indolence
L, en ce qu'elle favorise l'ascen-
j^aMons malfaisaïUes. Toutefois on peut
kiséft irdb liâsjrioomfi^ Rêvant être éga-
|pft^^^,;jf1t|^|j[^^i:|?à craindre qu'on
[^Kcmtre le penchant*
* Otte disûoeii^tf (feè anciens scolastiques est assez à la première claiêe appartiennenl les plai-
BEflTHAH — TOBE I.
à la paresse , ni qu'on puisse réduire les passions vindicatives au-dessous du poin^dejeur utilité.
Le premier expédient , fii-fe dit , c'est d'encoùragcr des amusemenU innocents. C'est une branche dé celte science très-comph'quée et assez peu définie , qui consiste à avancer la civilisation, i[/élat de barbarie diffère de la civilisation par deux traits caractéristiques : 1» Par la force des appétits irascibles; 2» par le petit nombre des ©bjets de jouissance quj s'offrent d'eux-mêmes aux appétits concupisciàles *.
Lvs QcciipaliQiîis {l'un sauvage, quand il s'est ^nocuré le nécessairtî physique, le seul qu'il con- |] ^n:jS€ , son L btfvu tôt déciii es. La poursuite de quelque vengeance, — le plabtr de s'enivrer, s'il en a les inijyens, — la sommeil ou l'indolence la plus complète, voilà toutes Bt's ressources. Chacun de ces lienf^hanis i^$i faxQûnhh^ au développement et a î^ction de chaque autre. Le ressentiment trouve aisément accès dans un esprit vide : l'oisiveté le porte à s'enivrer ; et l'ivresse produit des querelles qui nourrissent et multiplient les ressentiments.— Les plaisirs de l'amour, n'étant point compliqués par les raffinements sentimentaux qui les embellissent et les fortifient , ne paraissent pas jouer un grand rôle dans la vie du sauvage, et ne vont pas loin pour remplir les intervalles de ses travaux.
Sous un gouvernement régulier, la nécessité de la vengeance est supprimée par la protection légale, et le plaisir de s'y livrer est réprimé par la crainte dé la peine. Le pouvoir de l'indolence est affaibli , mais l'amour des liqueurs fortes n'est point diminué. Une nation de sauvages et une nation de chasseurs sont des expressions convertibles. La vie du chasseur donne de longs intervalles de loisir, ainsi que celle du pêcheur, pourvu que l'on connaisse les moyens de conserver les espèces de nourriture qui en résultent. Mais, dans un État civilisé, la masse de la commainauté est composée de laboureurs et d'artisans qui n'ont guère de loisir que .ce qu'il en faudrait pour le sommeil et le délassement. Le malheur •est que la passion des liqueurs fortes peut se satis- - faire dans une vie très-laborieuse , et qu'elle prend *sur les heures attribuées au repos. La pauvreté la restreint dans les tonditions inférieures, mais les artisans, dont le travail est mieux payé, peuvent fairie de grands sacrifices à «e goût funeste, et les classes opulentes peuvent y dévouer tout leur temps. Aussi voyons-nous, dans les siècles de grossièreté, que les classes supérieures ont partagé toute leur vie entre la guerre, la chasse, qui est une image de la guerre , les fonctions animales, et
sirs de la malveillance ; à la seconde, tous les autres plaisirs.