Djilits contre la réputation
Ces délits varieui selon l'état des opipions et des mœurs. Entre mille traits qui font connaître les mœurs. des Grecs, oij peut jugiîr, par ^celui qifc Xénophon raconte de (ul-mème *, que les égarements de l'amour, relativeriient au ^xe , {t'avaient
< AnaboÀis.
TRÂiNSPLANTATlON DES LOIS CHEZ DIFFÉRENTS PEUPLES.
rien de grave à leurs yeux. Il en est à peu près de même aujourd'hui chez les mahométans, où TexcessÏTC jalousie à Tégard des femmes a fait presque changer d'objet aux passions des hommes. Mais en Angleterre , où une loi décerne la peine de mort , où celte loi est exécutée avec un degré de zèle que n'inspire aucun autre crime, une accusation de cette nature est de la dernière gravité. Le seul soupçon même est accompagné d'un degré d'infamie, qu'on ne peut comparer qu'à celle de l'expulsion de sa caste par les Indous.
Il serait très-indifférent à un fermier anglais qu'on dit de lui <|u'il a semé du sainfoin et du trèfle dans le même champ. Mais en Judée , sous le règne des institutions mosaïques, une telle imputation aurait passé pour une injure atroce *. De même , un marchand de troupeaux en Espagne ne serait pas offensé qu'on lui attributlt d'avoir élevé un mulet : mais un marchand juif eût regardé sa réputation comme dangereusement compromise, si un tel bruit se fût répandu sur son compte *. 8. Délits contre la personne et la réputation. Les idées qu'on attaehe à la de'nomination d'injures lascives doivent varier beaucoup , selon que les mœurs du peuple sont plus ou moins réservées. \j%^ femmes couv;*eQt diffëreotes parties de leur corps avee une attention plus ou moins scrupu* leuse en différents pays. En Asie , elles rendent toute leur personne* comme invisible sous l'épaisseur du voile. A Sparte, les jeunes tilles paraissaient en pubiic avec une robe ouverte et flcftlapte. Parmi nous, les bienséances des habillements varient sans ct^%t #omme les modes.
C'est uâe ehose bizarre , mais prouvée par les vé^M^ des voyageurs, qtfe Içs idées d'obseénité ne sont pas uniformes , et peuvent méme*chai^er entièrement d'objet. A Otahili , les faibles notions de pudeur qu'on a pu y observer, ont para transportées des fonctions qui perpétuent l'espèce à celles qui conservent l'individu.
Le voyageur Atkins observa la même chose dans une tribu de nègres ^. «c Toutes les fois que le roi u buvait, ditH, deux de ses serviteurs élevaient un e voile au-desant de son visage , afin qu'on ne le « vît pas boire. » Le via ne s'accorde guère avec la modestie; aussi quand le ror était ivre, on omettait celte marque de respect.
Barbeîrac, dans ses notes sur Puffendprf *, cite plusieuj*» anciens voyageurs , qui attribuent ce %tnv^ singulier de délicatesse à diverses peuplades africaines. Les habitants du Sénégal, disent-ils, ont \!à même pudeur pour la bouche que pour quelque
* \oyez le Léulti^ue, chap. xix, v. 19. «D^K/., xxi,v.9,ia, 11.
partie du corps que ce soit, et ne la découvrent jamais que pour manger. Cet usage peut tirer son origine de quelque superstition. Les habitants des Maldives se cachent soigneusement pour leurs repas. Ils craignent qu'on ne jette quelque charme sur leur nourriture.