DES SOPHISMES DE PRËJUGÉ OU D'AUTORITE
Ceux qui, dans une assemblée politique, ont un grand intérêt à ne pas souffrir Texamen d'une question , s'efforcent de mettre le préjugé seul à la place du raisonnement. Or, le préjugé , en matière d'opinion , se réduit toujours à Vautoritë du jugement d'aulrui, qu'on ?eut représenter comme étant décisire sur le point controversé, sans aucun appel ultérieur â la raison.
Il faut donc commencer par analyser Vautonté roèine , en distinguant les cas où elle est une base légitime de décision, et ceux où elle ne l'est pas. Par rapporta ceux-ci, nous verrons que le sophisme revêt les formes suivantes :
1® L'autorité fondée sur l'opinion positive de nos ancêtres. « Voilà ce qu'ils ont fait. Nous devons « faire comme eux. »
2** L'autorité fondée sur l'opinion négative de nos ancêtres, u Ils n'ont pas fait ce qu'on nous H propose ; nous ne devons j^as le faire. »
5* L'autorité renforcée par l'objection générale tirée du danger des innovations.
40 L'autorité portée à son plus haut terme par des lois déclarées irrévocables , c'est-à-dire par des lois qui enchaînent la postérité.
5<> L'autorité qu'on veut donner à la généralité , en considérant le nombre de ceux qui entretiennent une opinion comme une marque de sa vérité.
6^ L'autorité qu'un individu veut donner à son opinion personnelle.