FONDS DE LÀ RÉCOMJÇENSE
ÎDStilttMon , quoi qu'en aic^Qt pu dire les parlisans outrés de Tégalité. Pour clémoutrer celte proposition « il ne faudrait rien moins que faire un traité des principes constitutionnels, c'cs^t-à-dire de la distribution des pouroirs politiques. Je dois donc me borner ici à des observations générales. Instituer une diversité de rangs , c*est créenun nouveau fonds de récompenses, au moyenid'un impôt en honneur presque imperceptible à ceux qui le payent ; c*est augmenter la force, du gouvernement par une influence douce et attrayante , bien différente de ce pouvoir coercitif si sujet à de violentes réactions ; c'est accroître la somme des jouissances humaines ; c'est ouvrir de nouvelles perspectives à l'espérance, le plus précieux de tous les biens ; c'est faire germer dans les coeurs une autre ambition que celle de la Fortune; c'est entretenir l'émulation, moyen si puissant et si doux pour produire toutes les qualités désirables. Je ne parle point ici des abus : ils ne sont point inséparables de la chose même. Je dis seulement que ce principe est excellent , surtout quand l'avancement graduel dépend des services.
Ce genre de subordina^n s'est de tout temps pratiqué dans le milit^^Bu soldat au général , les échelons sont régulie^HR gradués. Mais l'objet principal n'est pas l'honneur; c'est le pouvoir. Supériorité de grade annonce supériorité de commandement. L'honneur qui accompagne l'autorité n'en est qu'une conséquence accessoire.
Catherine H transplanta cet arrangement du militaire au civil. Elle établit une distribution des rangs qui correspond aux grades de l'armée. Les secrétaires , les juges , les médecins , les académiciens, tous les fonctionnaires civils sont soumis à un avancement graduel qui les tient dans un état de dépendance et d'espérance pour tous les pas de leur carrière. C'est une invention politique comparable aux plus savantes découvertes des arts dans notre siècle. La naissance a perdu sans bruit la plus grande partie de ses prérogatives. Le premier par sa noblesse et par sa fortune est obligé de commencer par le dernier rang et de recevoir de grade en. grade un brevet du souverain , sans lequel il reste çn arrière , et se voit devancé par des hommes i^bscurs. Ce ressort est d'autant plus puissant qu'il 'est doux. I^a simpje suspension de la récompense fait l^ofi|e de la peine. »
D^aiU^rs , la tfanl}igLioh des grades militaires à l'of^ cîVil a augmenté la considération pour celuici. Cest un ingénieux artifice pour vaincre ce mépris barbare des fonctions civiles ^i prévaut dani tous les États militaires. L'assimilation dés grades ttiène à l'assimilation du respect. Dès lors on 2grii la noUisse entrer avec empressement dans les emplois qu'elle aVail dédaigi^. •
Les ordres de c||^valerie paraissent nomme des fragments flottants*; déâfbhép; d'nn système régulier dç récompenses honorifiques.
Il est des États où l'on a fc Valérie sous le nom â'Ordré semble d'abord invtfiSté ooi pour jeter un ridicule sUr point du tout. Le ridicule , le mérite : car cet ordre est ] noblesse n'y prétend pas , il naissance ; il n'est que le pri:
Les grands ordres de chevalerie sont'- ils des récom|)enses , je veux dire des récoitipenses publiques? C'est ce qui n'est pas bien décidé. L^r nature ^t assez douteuse. C'est une décoration qui se donne quelquefois après des actions d?éclat, mais presque toujours aux co<Ivti.âns , au\grand|^^ à ceux qui composent la société du souverain pour augmec I est le mérite
prouvé' rince. Mais si
les pers it des distinc-*
tions se &r la place, ne
faudrait p pour fonder
cette pi à la commu-
nauté r eur d'un indi-
vidu ,9 e qui légitime
cet hommage ? Le souverain n'est-il pas mauvais économe d'une ressource qui, bien ménagée, pourrait être si lucrative? Nous reviendrons à ce sujet.
Z^ Le pouvoir. Ce grand objet de l'ambition des hommes n'appartient pas directement au sujet que nous traitons.* Le {pouvoir est institué dans un tout autre but que des vues rémunératoires : les principes d'après lesquels on doit le distribuer et le régler forment les bases du code constitutionnel. Le Mérite n'est pas la seule considérâAn d'après laquelle on doive se déterminer. Dans plusieurs formes de gouvernement , il y a des pouvoirs héréditaires; et l'expérience a démontré la sag^e de cette^'institution, qui, sous un certain rapport, parait si absurde.
Dans un État monarchique, par exemple, les dangers d'une élection sont si grands , qu'on a dû attacher le pouvoir suprême à quelque circojartpnce plus palpable, et moins sujette à contes! atîÂIrque le mérite des candidate. Dans un gouvernement mixte , si l'on a une magistrature supérieure , un corps de nobles investis de certains pouvoirs destinés à balancer ceux dw roi et ceux 'du peuple, il faut, que ce corp^soit nombreiix; et plus A est nombreux , moins il ^t susceptible de eette espèce de choix qui suppose un mérite individuel transcendant.
Le pouvoir y dims tous les cas où il peut être
PWH» DE LA RfeCOHPlïtlSE.
«ni audun
\ ua é?éae-
n n'y a-t-il particulier des emplois nse posilîFe
qu'à porter
présentera
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«^ m^jens d'attaque et de défense sera mis à la
« tète des constructions navales. — L'auteur qui
•« donn* ommerce, les
« finan( dans le conseil
• « de eo aces , ou de la
« çueri illeur ouvrage
K sur J( iume. »
Cette nt; mais, pour
peuquN bientôt qu'elle
estpluî uoi? C'est qu'il
n'est pas rare que l'homme doué dans un de^ré supérieur d'une des qualités requises soit destitué de plusieurs autres également indispensables.
D'ailleurs, il est des cas, et même de très-importants, où tes preuves sont nécessairement en défaut. Dans une longue période de tranquillité , que pourr«H faire un officier qui pût défDontrer sa capacité à commander une armée ? Considérez les qualités les plus nécessaires, présence d'esprit, conceptions vastes, prévoyance, activité, courage, perséférance, autorité de caractère , etc. ; par queU actes spécifiques un offiqier qui n'a point vu de service prouverait-il qu'il les possède? On est réduit à en juger par conjecture , d'après ses habitudes , son attachement pour sa profession , et surtout l'ftlime de ceux qiH courent la même carrière que lui. L^r rmée sur une multitude d'obser-
I, pour développer la pensée de Pauteur,
assemblais plusieurs traits de ce tact
fail deviner des qualités cachées. Je me
pour De, pas faire une digression trop
ne fort instruite des anecdotes de la cour
lit à Pétersbourg Pori^oe de la fortune
du grand ^ancelier Besborodko. Étant
enogre dans les offices inférieurs de chancellerie , un jour
quMl avait présenté plusieurs ukases à l'impératrice (Ca-
iherine II), il 8*aper$ut ^*il avait ouDIié d'en composer
un qnVMe lui avait parlicHlièreroent recommandé. Après
un moment d'effroi , il prend son parti , et feint de lire
Pukase en question , quoiqu'il n'eût k la main qu'une feuille
Talions qui tiennent à; .ensemble de sa conUidte.
Le dtscemement, tet art de juger de l'âpUlUde d'un individu à tel ou tel emploi , est une qualité rare , à laquel(^ei1 est comme impossible de donner le secours d'aucune règle générale.
On avancerait un peu dans cet art difficile , en faisant un oatalogue des indications de talent au de capacité p^ rapport aux divers offices *.
4'» Exemptions. Le législateur crée deirtc sortes de maux : il institue des peines pour les délits; il impose des obligations onéreuses aux divers membres de la société. 11 peut donc y avoir toutes sortes d'exemptions : exemption de peines encoarues , exemption d'un fardeau civil.
L'exemption d'une peine déjà encourue est on pardon : les pardons ont été quelquefois accordés par manière de récompense , c'est-à-dire en considération de services rendus. De tels actes de faveur ne peuvent pas être prévus par la loi : ils sont l'eflFet du pouvoir discrétionnaire laissé au souverain.
Mais il y a des lois qui accordent l'exeroptioD des peines par anticipation , c'est-à-dire avant que la peine soit encouruj^^d est , en Angleterre , ce qu'on appelle le bé^KLde clergie^. Dans les temps où le prince é^^ple et l'Église puissante , e clergé obtint une exemption de toutes les peines capitales , et de plusieurs autres espèces de peines dans tous les cas ^.
La noblesse a imité le clergé : elle s'est trouvée investie, dans presque toute l'Europe, d'exemptions de la même nature. L'ancienne Rome avait donné l'exemple. Un citoyen ne pouvait pas être puni de mort : Verres, convaincu de crimes atroces, en fut quitte pour aller jouir dans l'exil du fruit de ses brigandages.
Quand l'impératriee de Russie , Catherine II , assembla des députés de touteé les provinces de son vaste empire , pour leur donner l'apparence de concourir à la formation d'un eode de lois (espèce de parodie des États libres , qui avait pourtant son utilité, et qui pouvait contribuer à répandre des idées libérales), elle accorda à ces députés » eptre différents privilèges , une exemption de toute peine
de papier blanc. L*impéralrlce fut si satisfaite Âe cei^ rédaction, qu'elle voulut signer sur-le-champ. LeoomoHr déconcerié fbt obligé dVivouer sa 'faute. L'im|>ératHce , mo\m choquée de cette esp^e d^ipipeslure qu^'ÏNppée de la présence d^esprit qu^elle lui #«)i»tfo<aU, ne latflda pas^t le placer commechef dans leburéau où il tt*étalltiae»ut)«toiie.
• Voyez pag. lit deiïe vol.
' En Polo^e, les gentilshommes pauvres se mettaient au service des grands ; ils remplissaient sans -sctup^ule les offices donieiliques réputés parmi' n^us les moins hoAorahles; ils neiciMÎent fortement qu'à une iLeule «flalftntetion qui les séparait des esclaves : c^étail denefeeevo^d^SHoups de bâton \\t couch^ sur un matelas. '