Économie
La peine doit être économique, c'est-à-dire n'avoir que le degré de sévérité nécessaire pour atteindre à son but. Tout ce qui excède le besoin n'est pas seulement autant de mal superflu , mais produit une multitude d'inconvénients qui tendent tous à affaiblir le système pénal. C'est la seule cause bien fondée de l'impopularité des f)eine8.
Les peines pécuniaires possèdent cette qualité dans un degré éminent : tout le mal senti par celui qui paye, se convertit en avantage pour celui qui reçoit.
Sous le rapport des frais publics, il y a des peines qui violent particulièrement le principe de l'économie : par exemple , les mutilations 'appliquées à des délits fréquents, tels que la contrebande. Quand on a rendu des hommes incapables de travail , il faut les nourrir aux frais de TÉtat, ou les livrer à la chanté publique; taxe qui porte exclusivement sur la classe la plus vertueuse.
A en croire Filangieri , il y avait habituellement dans les prisons des États de Naples plus de quarante mille prisonniers oisifs. Quelle perte immense de travail ! La ville la plus manufacturière d'Angleterre occupe à peine autant d'hommes.
Les déserteurs par les lois militaires de plusieurs pays sont encore condamnés à mort. Un bonme tué ne coûte rien : mais on perd ce qu'il aurait pu
DES QUALITÉS DÉSIRABLES DANS LES PEINES
gagner; on perd le travail productif de celui qui le remplace.