‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 14 sur 468 · Tendance à Pamendement moral · texte numérisé non relu

Tendance à Pamendement moral

Toute peine a un certain efiet pour intimider; mais si le délinquant, après l'avoir subie, n'est retenu que par la crainte , il n'est pas réformé : la réforme est un changement dans le caractère et les habitudes morales.

Une peine a une tendai^ à réformer le moral quand elle est calculée de manière à affaiblir les motilt' séducteurs, et à renforcer lés motifs tutélaires.

Il en est qiiL ont une tendance opposée : elles rendent l'homme vicieux plus vicieux encore. Les

peines infamantes sont très-dangereuses sous ce rapport, quand on les applique à des délits légers et à des fautes de jeunesse. DHigentms enim vivit, cui alîquid integri superesL Nemo dignitati perditœ parcit. Impuni tatis genus est jam non habeî^e pœnœ locum *.

Mais le plus grand danger est celui des prisons : lorsqu'on entasse pêle-mêle de petits filous et des voleurs de grand chemin , des jeunes gens novices dans le mal et des scélérats endurcis, des jeunes filles coupables de quelque larcin et des femmes perdues. L'oisiveté seule serait une source de corruption : les liaisons qui s'y forment ont toujours des conséquences funestes. De tels établissements sont des écoles publiques de perversité.

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