Première iMse d*admiMion : moyen de célérité
Lorsque l'interrogation suggestive n'est qu'un moyen d'abréger, sans fournir au répondant aucune focilité pour tromper, elle est par la supposition aussi innocente qu'utile.
Dans les exemples ci-dessus , le foit indiqué par la question est un fait qui était déjà connu du répondant ; la suggestion ne lui apprend rien , elle ne lui donnerait aucune aide, s'il avait l'intention de mentir.
Lorsqu'on n'a point de mensonge à appréhender, les questions suggestives prennent beaucoup plus de latitude que dans les exemples cités. Je parle d'après la pratique même : on ne craint point de faire connaître au répondant des iîiits dont on ne soupçonne pas qu'il puisse ou veuille abuser.
S. Seconde baae d*adml8tion : secourt donné à la mémoire.
Nous avons déjà vu , en parlant des notes , qu'il y a des cas où la mémoire a besoin d'être aidée. Suggérez à un témoin honnête un fait qu'il oublie , un nom , une circonstance , vous reproduisez dans son esprit toute une série de souvenirs : c'est comme le réveil d'une feule d'idées dormantes. Le système exclusif a été poussé beaucoup plus loin que la prudence ne le demandait.
Dans quels cas l'information suggestive peut-elle être nuisible? Uniquement dans ceux où le témoin est disposé à s'en servir pour soutenir un plan de mensonge ; mais si on veut préparer le témoin , on cherchera plutôt à lui donner ces informations avant l'interrogatoire , lorsqu'on peut le faire sans exciter aucun soupçon, que pendant l'interrogatoire même, où ce mode artificieux ne sauraient échapper à l'observation des juges. Il faut trouver un avocat qui se prête à cette manœuvre , qui se montre dans le caractère d'un homme suborné , et qui se désho*» nore avec bien peu de probabilité de réussir ; car il faudrait compter, pour le succès de cette fraude , sur l'ineptie des avocats adverses et sur l'incapacité des juges , ou sur leur connivence.
On peut s'assurer que de tels abus ne se présen-
wHnett, dit une autre règle. Nous verront bientôt ce qu'il en faut penter.