‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 334 sur 468 · DitpotiUoDt · texte numérisé non relu

DitpotiUoDt

La disposition est le résultat des motifs.

On dit d'un individu qu'il a telle disposition, selon qu'on estime que les motifs de telle classe ont sur son esprit une influence plus forte que l'influence ordinaire de ces motifs sur le commun des hommes. Si les motifs sociaux , par exemple , sont •opposés prépondérants dans sa conduite , on lui attribue une disposition IHenveillante. S'il se livre habituellement à l'action des motifs antisociaux, on lui attribue une disposition malveillante ^.

La disposition étant connue donne un caractère d'Improbabilité à l'imputation qui lui est contraire.

Quand la disposition indiquée annonce un trèshaut degré de f6rce dans les motifs personnels ou antisociaux , elle tend à probabiliser la criminalité

1 Les eat raivants peu? ent servir comme exemple! pour ■MDtrer comment le motif, e'eit-à-<lire le motif esterne, a pu fèorair une ciroonitance criminative.

An 1786, cas de Donnellan , aux aMitet de Warwick. Délit, meurtre du frère de «a femme ; motif, prospect de •occeMiOD à ta propriété.

An \9ùèt cas de Fern, aux assises de Surrey. Délit, incen* die ; motif, profit par une assurance au delà de la valeur.

du prévenu ; mais en général , une disposition n'est guère susceptible de preuves juridiques : faire d'une disposition l'objet d'une enquête spéciale, ce serait, sous le nom et à l'occasion d'une cause , en entreprendre une autre, et peut-être une multitude. Il faut donc se défier extrêmement de ces préjugés , fondés sur des allégations sans preuves : et ces préventions sont particulièrement redoutables dans les matières politiques et religieuses.

Mais il arrive souvent que les indices d'une disposition dépravée se manifestent directement avec le développement des autres preuves : cette circonstance, dans ce cas , fait naturellement impression ; et quand elle est prouvée , il n'est peut-être pas à souhaiter qu'elle fût sans effet.

Nous avons vu qu'une enquête spéciale sur les dispositions n'était guère possible. Il est toutefois des cas où elle peut mener à quelque résultat. Noua allons en parler dans l'article suivant.

4^ Réputation.

La disposition d'un individu peut être connue par l'opinion que s'en forment telles et telles personnes qui, par leurs relations avec lui, ont eu des occasions plus ou moins fréquentes de l'observer , et de juger son caractère par sa conduite passée.

Une enquête sur la réputation spéciale d'un individu , en tant qu'elle diffère d'une enquête sur sea dispositions , est encore moins praticable dins l'objet de probabiliser le délit en question , de la part du délinquant supposé.

Sur quoi doit-on examiner l'individu accusé? Sur les faits qui lui ont été signifiés dans son acte d'accusation et sur lesquels seuls il a pu préparer sa défense : mais une enquête sur sa réputation serait une enquête sur sa vie entière , et un moyen de créer une foule de préventions par des assertions dont aucune ne peut être régulièrement prouvée.

11 est toutefois des cas où , dans une vue criminative, non-seulement la disposition, en tant qu'elle est indiquée par les foits , mais encore la réputation petit réclamer l'attention du juge.

Les délits qui ont l'inimitié pour motif sont ceux à l'égard desquels la réputation peut devenir un Indice criminatif.

V Délit, injure personnelle. L'auteur du délit est

An 1805, cas de Robert Wilton, à Bdimboorg. Délit, meurtre do sa femme ; motif, acheminement à un autre mariage.

s Quand une multitude d^actes de la même nature sont considérés comme se succédant de la part de la même personne, et surtout dans une longue suite de temps , on y applique \e moi habitude. On infère, en certains cas, d*un seul acte , une dUpotUion, à plus forte raison d'une habitude.

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