PLAN GÉNÉRAL D'EMPRISONNEMENT
avoir le choix de ses occupations. Celui qui a un inéUer sera tenu de tra?ailler pour son entrelien , mais il faut lui donner une part dans le profit de son industrie.
H existe plusieurs prisons en Europe où Fenlretien des prisonniers est fondé sur des bénéficences prifées. Ces bénéficences sont une preuve authentique de la négligence la plus coupable de la part du gouvernement. Abandonner des prisonniers aux charités publiques, c'est les livrer à la mort, si ces charités son^nsuffisantes. Le nécessaire doit leur être donné fPli'État;au delà de ce nécessaire^ il ne faut rien. Le déficit est affreux, le superflu est nuisible.
Par la même raison , toute donation casuelle à des délinquants particuliers doit être interdite : non qu*on doive défendre de leur faire des dons en argent, mais il faut empêcher que ces libéralités ne soient consommées en bonne chère et en liqueurs fortes. Les donations ainsi r la restitution.
Il règne un grand déso toutes les prisons. Les dé sont ceux de rapacité ; ma été coupable , c'est-à-dire \ bien d'autrui , plus il a d' dans sa prison* Ses vols dev Il est rare que tout le prc trouvé entre ses mains , il
nplice , chez sa femme c
eront à sa volonté, pour le proaiguer en ^«i«;uauches , ou payer les procureurs qui Faident à èétraver le cours de la justice.
Quand ce bien mal acquis ne pourra plus servir au vice, le détenu sera plus porté à le restituer. La gêne imposée aux inclinations déréglées sera fovorable aux inspirations de la conscience.
Tout ce qui s'est trouvé sur la personne d'un détenu , ou dans sa possession , doit être aussitôt consigné entre les mains du gouverneur de la prison, et inventorié. Mais , pour prévenir des abus trop communs, tous les effets de quelque valeur doivent être placés dans un dépôt , sous le scçau du magistrat ; et une copie de l'inventaire doit être remise à la personne détenue.
Un traitement égal en fait de nourriture sera , jVn conviens , une peine disproportionnée pour des hommes dont les uns sont accoutumés au bien- #ètre , et les autres à un état constant de privation. D'un autre côté , permettre à des détenus pour délits de rapacité de consommer en bonne chère le produit de leur délit , c'est donner une récompense au crime ; c*est leur accorder des jouissances aux dépens de ceux qu'ils ont lésés. De là doit naître une distinction dans le traitement. Les détenus
pour crimes de rapacité ne doivent avoir aucune indulgence de cette nature avant la pleine restitution; les détenus pour autres délits seront libres de proportionner leurs dépenses à leurs moyens. La restitution exige une précaution de plus. Une personne arrêtée pour un délit est souvent coupable de plusieurs autres. Avant d'accorder au malfaiteur le droit de jouir de sa fortune, il faut non-seulement qu'il ait restitué à celui qui l'a fait arrêter , mais encore qu'on se soit assuré qu'il n'y a pas d'autres réclamations à satisfaire.
Revenons aux différentes prisons. Il faut que la diversité de leur caractère soit prononcée très-fortement , — dans leur apparence externe , — dans le costume , — dans la dénomination.
Les murs de la première seront de couleur blanche , ceux de la seconde , de couleur grise ; la troisième sera peinte en noir.
A celle-ci on ajoutera divers emblèmes du crime : e , un serpent , une fouine , représentant les ts malfaisa^s , seraient certainement une tion plus convenable à l'entrée de la prison que les deux statues de la Folie et de la Mée à celle de l'hôpital de Bediam. Je voudrais ibulc une apparence lugubre : on pourrait y leux grands tableaux :dans l'un, on verrait un ;sis sur un tribunal, tenant le livre de la loi, içant la sentence d'un criminel; dans l'autre, |ui sonne la trompette du jugement dernier; intérieur, deux squelettes suspendus à côté ae la porte de fer frapperaient vivement Timaginalion. On croirait voir le séjour effrayant de la mort. Celui qui aurait une fois , dans sa jeunesse , visité cette prison , ne l'oublierait jamais. Je sais que les beaux esprits rient de toutes ces idées emblématiques : i sent da quer pa La di qu'une et d'hu innocer préheni la circo sentim( cher à 1 les plui de cette aenominauon mjuneuse.
La diversité de lieu et de nom est encore un moyen d'aggraver la partie de la peine qui se rapporte à l'objet le plus important, l'exemple. La première prison s'appellera maison de sûreté.
< Sur rimportance des signes pour frapper rimaginatioo, et lur Pusage qu*eD fait le cler^ romain à Texemple do rancienne Rome, voyez ÉmUe, tom. IV.
AUTRES ESPÈCES DU CONFINEMENT TERRITORIAL
La seconde , maison de pénitence.
La troisième, prison noire.
La première de ces (fénominations n'implique pas même l'idée d'une feule. — La seconde l'implique , mais elle tourne l'esprit vers l'idée favorable d'amendement. — La troisième inspire l'effroi.
Dans la maison de pénitence on aura deux objets, celui d'attacher l'infamie au crime , et de l'épargner au criminel. Puisqu'il est destiné a rentrer dans la société , il ne faut pas le livrer à une ignominie qui le signale , et le rend incapable de s'y représenter. Ces deux objets s'accompliront par le même moyen. Le délinquant peut être soumis à porter un masque ou une portion démasque, qui, en dérobant ses traits à ceux qui viennent visiter les prisons , augmente en même temps l'impression qu'il est important de produire. Ce masque mystérieux est un soulagement pour celui qui le porte , et une aggravation de la peine aux yeux des spe< '