‹ Œuvres de Jérémie BenthamChapitre 70 sur 468 · Application des peines · texte numérisé non relu

Application des peines

Le moyen le plus puissant pour affecter l'honneur jusqu'à produire l'infamie consiste dans l'application des peines qui, par ui^ 'influence sur l'imagination des hommes , ont un effet flétrissant. Ceci nous conduit à examiner les divers degrés d'ignominie attachés à ces divers modes de punitions dont quelques-unes sont distinguées par l'épithète spéciale ôi' infamantes.

' Dans cette échelle , nous trouvons les peines pécuniaires au plus bas dqgré,- ^t l'opinion publique parait à cet égard assez* uniforme partout. Quant aux divers modes de confin^ent t (1 y a quelque différence : l'emprisonnemeQt, sous ce rapport, est réputé le plus grave : le bannisaement l'est

(^8 de récidive , de le consicpoer dans les papiers publics. 'Cette peine est cdnsidérée co(prae plu| sévère que Paraende prescrite.

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DES PEliNES AFFECTANT L'HON

moins : la défense de sortir d'un certain district Test moins encore. Les peines actives piises dans leur totalité sont si variées, qu*on n*en peut rien dire en général : la plupart sont très-peu infamantes ; mais elles le deviennent toujours quand on y joint quelque circonstance caractéristique, comme les fers, les travaux publics, un costume de galérien. Les déchéances de condition sont si variées dans leurs effets sur Thonneur , qu'elles n'admettent point de proposition générale *.

Par rapport aux peines corporelles, sauf les pçines capitales, il n'en est aucune qui ne soit réputée infamante. La peine de mort ne l'est pas toujours, et l'exception est pour certains délits d'une nature politique. Dans les peines corporelles, le degré d'infamie ne se proportionne pas à leur intensité : celles qui produisent le moins de souffrances physiques sont souvent censées les plus ignominieuses ; par exemple, le carcan, le pilori, la marque, ou es à des criminels : ce sont, à des peines infamantes. Otezes réduisez à rien, ces peines , l'infamie est temle : le carcan est infamie tem- , infamie perpétuelle. Ce n'est ; quelque manière qu'elle soit être perpétuelle, puisque le souvenir peut s*en conserver dans la mémoire des hommes autant que la vie du délinquant ; — mais quand la marque est indélébile, l'infamie l'est nécessairement ; aussi dans quelque lieu qu'il soit , quoi qu'il lui arrive , il porte partout le témoignage de son crime.

La mutilation et les autres peines afflictives produisant quelque difformité sont très -infamantes quand il est connu qu'elles sont le résultat d'une exécution juridique ; mais plusieurs de ces peines n'ont (toipt d'e£Fets apparents qui les 4islinguent des maui accidentels du même genre : elles ne prodiiisent donè pas l'infamie avec la même certitude : elles.n^ont pas un effet aussi grand que les marques y qui, au premier coup d'œil, révèlent à uh étranger le délit de celui qui les porte.

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