Antoine, d*abord comte de Guiche, puis duc de Gramont
MÉMOIRES. [i643] 77
camp des Gardes, pour me la donner. On proposa encore de faire rentrer le duc de Bellegarde dans la charge de grand écuyer^ par des droits qu'il y avmt conservés, et de m'en faire avoir la survivance. Tant de diverses espérances, qui m'étoient données presque en même temps, et qui étoient sitôt changées, m'attiroient beaucoup d'envie sans me procurer aucun établissement, et je vis bien que la Reine entroit dans l'esprit du Cardinal pour m'amuser. Elle ne me parloit plus d'afiaires; mais elle s'efforcoit néanmoins de me donner toujourt des assurances de son amitié. Elle me dit même, une fois que je lui demandois un avis, que pour m'épargner la peine de demander, elle me donnoit par avance tous les avis qui me pouvoient être utiles '. Je ne profitai point de cette bonté ; car il ne se présenta rien dont je pusse faire usage pendant deux mois que cette bonne volonté lui dura. Dans ce temps, Gassion *, qoi depuis a été maréchal de France, fut dangereusement blessé ^ ; aussitôt la Reine me destina sa charge de mestre de camp de la cavalerie légère, en disant qu'elle ne
maréchal depuis 1641* ne en 1604, mort en 1678, était mestre de camp des Gardes depuis iGSg. Il a laissé des Mémoires. I^e chevalier de Gramonty le héros des Mémoires tTHamiilon , cités plus haut, était son frère puiné.
I. Le duc de Bellegarde, qui arait cédé en 1630 la charge de grand écnjer à son frère le baron de Thermes, Pavait reprise a la mort de celui-ci (i 6a i), puis s*en était démis(i639) en faveur de Cinq-Mart. Ce fut Henri de Lorraine, comte d'Harcourt, qui Tobtint en i643.
a. Elle me dit même une fois que si je ne lui domiois des avis, pour mVpargner la peine de lui demander, elle me donneroit par avance tous ceux qui me pourroient être utiles. (1817, a6, 38.)
3. Jean, comte de Gassion, avait servi sous Gustave- Adolphe. Il fut un des héros de Rocroy, où il commandait, sous Condé, l'aile droite de Tannée française. Il reçut le bâton de maréchal, à trente^uatre ans à peine, le 17 novembre i643; il fut tué au siège de Lens, en 1647*