‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 128 sur 569 · Que je n'essayerob point A prendre · texte numérisé non relu

Que je n'essayerob point A prendre

g6 MÉMOIRES. [1646]

Tobtenlr, sans lai rien dire toutefois qui ne fût vrai. Il me la donna toute entière ; mais il se repentit de me Tavoir donnée, quand il vit les suites de cette liaison. U essaya inutilement de la traverser bientôt après ^ par beaucoup de bruit et par beaucoup décelât*, qui ne changèrent rien ' à mon dessein. Mme de Longueville partit peu de temps après ^, pour aller à Munster, où le duc de Longue ville*, son mari, étoit allé traiter la paix*.

Mon père obtint alors pour moi la permission d* acheter le gouvernement de Poitou''. Je suivis M. le duc

I. Bientôt après de la traTerser. (1817, 16, 38.) 1. Diaprés la duchesse de Nemours (p. i3i), ce serait le duc d'Enghien lui-même qui, furieux de voir sa passion pour Mlle du Vigean traversée par sa sœur, aurait f dit à M. de Longuerille son mari tout ce quUl crut le plus nuire à cette dame, » c*est-à-dire évidemment sa liaison avec le prince de Marcillac, et aurait conseillé au duc de la « faire enfermer dans une de ses maisons. »

3. Les mots : par beaucoup de bruit et sont en interligne dans le manuscrit D, et changèrent est au-dessus de changea^ biflfe.

4. Le 20 juin 1646. {La Jeunesse de Madame de Longueville^ p. 176.)

5. Henri II d'Orléans , duc de Longueville, né en iSgS, mort en i663, descendait du fameux comte de Dunois, dit le bâtard d^OrUans^ contemporain de Charles VII. Il était fils de Henri I^ d^Orléans et de Catherine de Gonzague. Lorsqu'il épousa, le s juin 1643, la sœur du grand Condé, il était veuf de Louise de Bourbon, fille du comte de Soissons.

6. Les doubles conférences à Munster et à Osnabrûck, conduites par les comtes de Servien et d'Avaux et par le duc de Longueville, aboutirent, on le sait, le 34 octobre 1648, au glorieux traité dit de Westphalie, qui assura à la France la souveraineté de Metz, Toul et Verdun , de l'Alsace tout entière, sauf la ville libre de Strasbourg, le droit de garnison dansPhilipsbourg,etc. VojrezleP. Bougeant : Histoire du traité de IVestphatie^ et Histoire des guerres et des négociations qui précédèrent ce traité, 6 volumes in-xa, 1751.

7. Moyennant un prix de trois cent mille livres, c'est-à-dire cinquante mille livres de plus que le duc ne l'avait vendu, par ordre, en i63a. Voyez à ce sujet, à la suite des Mémoires^ les amères réflexions de l'auteur, dans VJpologiê de M. ie primée de Mmreiliae.

d'Enghien à Tannée, qu'il commandoit sous Monsieur^. On attaqua G>urtray'. Piccolomini ' et le marquis de Caracène ^ se présentèrent aux lignes avec trente mille hommes; mais, au lieu d'entreprendre de les forcer, ils se retranchèrent de leur côté , et les deux camps ne furent éloignés que de la portée du mousquet. Les ennemis tentèrent inutilement de jeter quelques secours dans la ville , et ils se retirèrent enfin , trois ou quatre jours avant qu elle se rendît, pour n'être pas témoins de sa prise. On aUa ensuite à Mardick '. Ce siège fut difficile et périlleux , par le grand nombre d'hommes qui défendoient la place, et qui étoicnt relevés tous les jours par des troupes fraîches qui y arrivoient de Dunkerque ; leur défense fut célèbre encore par cette grande sortie dont on a tant parlé, où le duc d'Enghien, suivi de ce que le hasard avoit fait trouver auprès de lui

I . C'est alors que la Rochefoucauld emmena avec lui, en qualité de maître d'h6tel, Gounrille (alors âgé de vingt et un ans), dont le nom est reste étroitement lie au sien, et qui a laisse des àfémoim fort curieux, que nous avons eu dëjà occasion de citer.

a. Ville de Belgique au quartier de Gand, comme on disait alors. Pri^ par Gassiou et le duc d'Orléans, le 18 juin 1646, elle fut reprise par Tarchiduc Lëopold en 1648.

3. Octave Piccolomini {Picolominjr, dans notre manuscrit), ne en 1599, était d'origine italienne. C'est lui qui commandait à Lûtzen (i63a) le régiment de cuirassiers d'où partit le coup de feu qui tua Gustave-Adolphe. Après Rocroy, il était pansé momentanément an service du roi d'Espagne, qui l'avait envoyé dans les Pajs-Bas en qualité de général en chef. Nommé feld-maréchal en 1648, pois prince de l'Empire et duc d'Amalfi, il mourut à Vienne en i656.

4. Général espagnol, qui fut gouverneur des Flandres en iGSg.

5. Mardick (dans le manuscrit Mardic)^ qui n'est plus aujourd'hoi qu^une bourgade du département du Nord, à trois lieues de Donkerque, était alors une ville forte des Flandres. Cette place fat cédée à la France par le traité des Pyrénées. Sur le siège de Mardick, vojrez les Mémoires de Gourvilie^ p. a 18 et 319, et DesormeanX| Histoire de Louis de Bourbon^ prince de Condé^ tome I, p. 3oS et toivantet.

La RocHBfouGAUio. n 7

d^officiers et de volontaires, arrêta, sous tout le feu de la place, Teffort de deux mille hommes qui venoient attaquer un logement sur la contrescarpe et nettoyer la tranchée. On perdit beaucoup de gens de qualité : le comte de Fleix^, le comte de la Roche- Guyon ' et le chevalier de Fiesque ' y furent tués ; le duc de Nemours ^ et plusieurs autres y furent blessés ; j^y reçus trois coups de mousquet, et je revins ensuite à Paris*. Monsieur finit sa campagne par la prise de Mardick*, et laissa le commandement de Tarmée au duc d*Enghien, qui prit Dunkerque ^.

I. Gaston de Foix, comte de Fleix, marie en 1687 à la fille de Mtrie-Catherine de la Rochefoucauld, comtesse, puis duchesse de Randan : vojez ci-dessus, p. 29, note 6.

9. Henri du Plessis, comte de la Roche-Gujron, fils de Roger da Plessis, duc de Liancourt, et de Jeanne de Schomberg, ne laissa pour héritière de la maison de Liancourt qu^une petiteffille, âgée d'un an et demi, qui épousa, en i6$9, le prince de Marcillac, fils de l'auteur des Maximes, Voyez les Mémoires de GourvUU^ p. a 19, et ceux de Mme de Mottepille, tome I, p. 279 et a8o.

3. Il ne faut pas confondre le chevalier de Fiesque, qui inspira on si noble amour à Mlle d'Epemon, la sœur du duc de Caudale, «▼ec son frère aîné, le comte Charles-Léon de Fiesque, celui qui figure sous Je nom de Pisistrate dans le Grand Cyrus, Voyez les Mémoires de Mme de Motteville, tome I, p. a8o; et V. Cousin, la Société' française au dij>-septième fiècle^ tome I, p. a 33 et suivantes.

4. Le duc de Nemours (Charles-Amédée) dont il est ici question, et qui fut plus tard (i65a) tué en duel par Beaufort, appartenait à cette branche de la maison de Savoie qui s'était établie en France sous François I*', et qui depuis lors y avait tenu assez bruyamment sa place. Voyez ci -après, p. ai 3, note 4>

5. A vrai dire, il y fut rapporté sur un brancard : voyez les Mémoires de Gourville (p. a 19), où il n'est parlé que d'un coup de mousquet au haut de l'épaule.

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