Irrité. (1817, a
4. Retz (tome II, p. 100 et suivantes) expose tout au long, par un artifice de conversations évidemment arrangées après coup, quoi qu'il en dise, les motifs qui déterminèrent le changement de Monsieur le Prince, c La gloire de restaurateur du public, dit-il
prince de G>nti et avec Mme de Longueville ne lui étoit pas agréable; mais il ne m'en faisoit rien paroitre. Les esprits s'aigrissoient de toutes parts, et le cardinal Mazarin, ne trouvant plus sa sûreté à Paris*, résolut enfin, de concert * avec Monsieur et Monsieur le Prince, d'en former le siège, après avoir mené le Roi à Saint^Germain. Cette entreprise ne se pouvoit exécuter par les formes ordinaires : les conséquences en étoient trop périlleuses et trop préjudiciables à TÉtat. Le Roi avoit peu de troupes ; mais on crut qu'il en avoit assez pour occuper les passages et pour réduire cette grande ville par la faim. On croyoit qu'elle seroit divisée par les cabales, et que, manquant de chefs, de troupes réglées , et de toutes pro> visions*, elle recevroit la loi qu'on lui voudroit imposer.
(p. II 3), fut sa première idëe; celle de consenrateor de Tautorîté royale fut la seconde. » Voilà, ajoute-t-il, le caractère de tous ceux qui n*ont pas de c suite >» dans l'esprit. — Guy Joli affirme, de son côté (tome I, p. 4^)1 « que, dans ce temps-là, Tesprit de Monsieur le Prince fut extrêmement combattu. »
I. Ne trourant plus de sûreté dans Paris. (1817, 16, 38.) 1. Résolut enfin d'en partir, et de concert. (Ibidem,) 3. Et de toutes sortes de proyisions. {Ibidem.) — Ce n'était qu'à grand'peine, en effet, que les Parisiens panrenaient à se rayitailler. Les magistrats municipaux avaient enjoint à tous les mar^ chands de blé des environs de la capitale d'y envoyer leurs denrées, avec défense aux capitaines et gardes des ports, ponts et rivières de s'j opposer, sous peine de la vie ; mais, la ville étant bloquée par les troupes de Condé, l'entrée des convois n'était pas facile. En outre, il fallait, quand les blés étaient arrivés, les garantir dn pillage. — Peu de temps après le départ du Roi parurent des Trio» lets de la cour {Bibliographie des Mazarinades, tome III, p. a ai), où l'on disait à la Reine :
Revenex vite sor tos pas....
La lirre de pain vaut cinq solSy
Et ti {et pourtant) oe n*est pas da Gonesie....
Le moyen de vivre k Paris,
Puisqu'on n'y nunge plus de tnifles {sic) ?
Le 6 mars, une ordonnance de police, reproduite dam le Détaii de
MEMOIRES. [1649] ni
Dans cette espérance, le Roi, suivi de Monsieur, de la Reine, de M. le duc d*Orléans ', de Monsieur le Prince et du prince de G>nti, partit secrètement de Paris à minuit, la veille des Rois de Tannée 1649, ®^ ^''^ ^ Saint- Germain ; toute la cour suivit avec beaucoup de désordre. Madame la Princesse voulut emmener Mme de Longue ville, qui étoit sur le point d*accoucher; mais elle feignit de se trouver mal, et demeura à Paris'.
Ce départ du Roi, si précipité ', mit un trouble et une agitation dans Tesprit du peuple et du Parlement qui ne se peut représenter. Ceux mêmes qui avoient pris le plus de mesures contre la cour furent ébranlés, et le moment de décider leur parut terrible^. Le Parlement et le corps de Ville députèrent â Saint-Germain pour témoigner leur crainte et leur soumission. J'y allai le même jour que la cour y arriva ' ; le duc de Longueville s'y
la France de Boisguillebert («édition de 1707, tome I, p. ^73-375), prescrivait les tarifs suivants : Pain le plus blanc, deux sols la livre; pain bis blanc, dix-huit deniers; pain des pauvres, un sol.
I. Lisez : « de M. le duc d'Anjou, » qui fut plus tard duc d*Qrlëans : voyez ci-dessus, p. Sg, note 10.
1. Vojez sur IVmotion avec laquelle s*accomplit ce départ désordonné, on pourrait presque dire ce sauve^ui-peut, des gens dévoués à la cour ou de ceux qui ne se souciaient pas de demeurer dans une ville • qui alloit êâ« Tobjet de la colère de son roi, » les Aie' moires de Mme de Mottev'tile (tome II, p. 186-390). Beaucoup de personnes de qualité restèrent à Paris, qui eussent été bien aises de prendre le chemin des champs; mais les portes étaient aux mains des parlementaires. D'autres, comme le Coadjuteur, Grent seulement le simulacre de vouloir partir, et s'arrangèrent pour que cet effort apparent d'obéissance n'eût pas de suite.