Le péril qu'il y avoit. (1817, a
Gourville, qui'étoit alors fort jeune et peu connu; mais, comme j'avois éprouvé sa fidélité en d'autres rencontres, qu'il avoit Tesprit avancé et hardi, tous ceux avec qui je traitois prirent créance en lui ' , et ce fut sur les paroles qu'il portoit des uns aux autres que Ton agissoit' de concert. Il revint à Saint-Germain nous presser d'aller promptement à Paris; mais le duc de Longueville ne s'y pouvoit résoudre, et nous fûmes contraints, le marquis de Noirmoustier et moi, de lui dire que nous allions emmener M. le prince de Conti, et que nous déclarerions dans le monde que lui seul manquoit de foi et de parole à ses amis, après les avoir engagés dans un parti qu'il abandonnoit. Il ne put soutenir ces reproches, et il se laissa entraîner à ce que nous voulions'. Je me chargeai de leur faire tenir des chevaux, à une heure après minuit, dans la cour des cuisines; mais, sans m' avertir, ils en prirent d'autres, et s'en allèrent à Paris ^. Je les attendois cependant au lieu qu'ils m'avoient marqué, et j'y demeurai jusques à la pointe du jour; je ne pouvois rentrer dans le château pour savoir de leurs nouvelles, et je jugeois bien à quoi j'étois exposé si l'affaire étoit découverte, et si on me trouvoitleur gardant des chevaux à une heure si suspecte; mais j'aimois encore mieux me mettre dans ce hasard que de les y exposer par un contre-temps ; enfin je sus qu'ils étoient partis, et je me rendis à Paris longtemps après qu'ils y furent arrivés *.
I. Voyez p. 126, note 4. — Cet habile homme d'affaires c saToit, dit Mme de Motteville (tome III, p. I93), marcher facilement par les chemins raboteux et tortus, comme par les plus droits, » et a persnadoit presque toujours ce qu*il youloit qu'on crût.»
3. Que Ton agit. (18 17, 16, 38.) — Ce pourrait bien être la vraie leçon, au moins est-ce la plus correcte.