‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 142 sur 569 · I. Fit différents effets. (18 17, a · texte numérisé non relu

I. Fit différents effets. (18 17, a

9 . Les éditions antérieures portent fomenté^ au singulier, ce qui (ait un contre-sens.

3. Voyez, à ce sujet, les Mémoires de Retz , tome II, p. i5i et suivantes.

4. On sait que Mme de Longuevilie accoucha à FHôtel de Ville (dans la nuit du a8 au 29 janvier) d^un fils dont le duc de la Rochefoucauld passait, avec vraisemblance, pour être le père, et qui fat baptisé par le Coadjuteur sous le nom de Charles-Paris. Cet « enfont de la Fronde », comme Tappelle V. Cousin (Ja Jeunesse Je Mmiemede LonguefUle^ 3* édition, p. Siô), périt en 1671, au passage do Rhin.

autres ^ ; le Cardinal soupçonna qu'elle fût de concert avec Monsieur le Prince '; et, se trouvant trop foible pour soutenir de si grandes affaires, il se préparoit à sortir du Royaume ; mais Monsieur le Prince le rassura bientôt, et Taigreur qu il fit paroitre contre M. le prince de 0>nti, contre Mme de Longueville et contre moi fut si grande, qu elle ne laissa pas lieu au Cardinal de douter qu'elle ne fût véritable. On prit de nouvelles mesures pour affamer Paris, et le prince de Condé se chargea de Tévénement d'une si grande entreprise. Le parti opposé ne négligeoit rien aussi pour sa sûreté. Le duc d'Elbeuf •, gouverneur de Picardie, s'étoit offert le premier au Parlement, et il croyoit trouver de grands avantages en se mettant à la tête du parti. Il a voit de l'esprit et de l'éloquence, mais il étoit vain, intéressé, et peu sùr^.

1. M. Moreau, dans sa Bibliographie des Mtuarintulei (tome II, p. 53), cite un récit f burlesque et sérieux m : Histoire des esprits revenus à Saint^ermain, où, en face du prince de Condë calme et sans peur, Tauteur représente le duc d'Orléans qui tremble, le maréchal de la Meilleraje parlant de tout brûler, et le maréchal de Gramont toujours prêt à prendre la fuite.

a. c Tous les jours, dit Montglat dans ses Mémoires (tome H, p. i5o), quelqu'un disparoissoit à Saint-Germain,... et dès qu'on étoit un jour sans être vu, on crojoit qu'on s^étoit jeté dans Paris. » Condé lui-même s'étant absenté un instant pour aller visiter un de ses quartiers éloigné d'une demi- lieue, le Cardinal, jusqu'à son retour, fut dans les transes; il s'imaginait que Monsieur le Prince avait passé a l'ennemi. Voyez au reste, à la suite de l'extrait de Montglat que nous venons de citer, le tableau vraiment comique des défections successives et les noms des principaux transfuges qui sVnfuirent de Saint-Germain à Paris.

3. Sur Charles II de Lorraine, second duc d*£lbeuf, voyez ci-dessus la note 6 de la page 58.

4- « Très-suspect à tous ceux qui le connoissoient, sur le chapitre de la probité », dit Retz (tome II, p. 147), et il ajoute (p. 178 et 179): « Il a été le premier prince que la pauvreté ait avili; et peutêtre jamais homme n'a eu moins que lui l'art de se faire plaindre dans sa misère. » On Ht aussi dans les Carnets de Mtuarim {Journal

ii8 MEMOIRES. [1649]

^arrivée du prince de Conti et du duc de Longueville lui donna de la jalousie ; il n*osa toutefois s'opposer ouvertement à la confiance qu'on devoit prendre en eux, mais il la traversoit avec beaucoup d'artifice^. Le duc de Bouillon * se joignit en même temps aux intérêts du Parlement; j'ai parlé ailleurs' de ses grandes qualités et de son mérite. Le vicomte de Turenne^, son

des savants, i854) p. 694) : « Pour dTibeuf, de Targent, et quUl attende. »

I. Retz raconte au long toutes ces manœuvres, où lui-même joua un rôle fort curieux : voyez le tome II de ses Mémoires, P* i47 et suivantes.

9. Frëdëric-Maurice de la Tour d'Auvergne, prince de Sedan, duc de Bouillon, ne en i6o5. — c Dans les brouilleries de la cour en 1648, dit Bussy Rabutin (mémoires, tome I, p. 346), quatre on cinq maisons de gentilshommes crurent que le temps étoit propice pour faire valoir leur chimère de principauté ; celle de la Tour en ' fat une. 1 — Lie duc de Bouillon était peut-être le plus redoutable de tous les ennemis de Mazarin. Il avait appris la guerre sous ses oncles maternels Maurice et Henri, princes d'Orange. Son mdrite était égalé par son ambition, et son ambition était sans cesse aiguillonnée par celle de sa femme, Léonore-Catherine-Féronie de Berg, qui avait un pouvoir absolu sur son esprit. Dans cette maison, on prenait le titre d'Altesse, et le fils aine portait celui de prince de Sedan. C'était le duc de Bouillon qui avait gagné en i64if contre l'armée royale, la bataille de la Marfée, où périt le comte de Soissons. Arrêté, par ordre de Richelieu, en 164a, comme complice de Cinq-Mars, il avait été enfermé à Pierre-Encise et n'avait recouvré sa liberté qu'en cédant au Roi sa principauté de Sedan (pour laquelle il reçut en échange, lors de son accommodement avec la cour en i65i, les duchés d'Albret et de Château-Thierry, et les comtés d'Auvergne et d'Évreux). Il aurait même été décapité sans l'intervention de ses parents, le duc de Nassau et le landgrave de Hesse, alliés précieux pour la France dans sa lutte contre l'Empire et l'Espagne. Il mourut le 9 août i65a.

3. Ce mot ailieurs prouve que cette partie des Mémoires a été composée ou revue postérieurement à la suite, où se trouve en effet (p. 417 et 438) un portrait du duc de Bouillon.

4. Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, né en 161 1, mort en 1675 ; il était très-entiché, lui aussi, de principanté»

frère, étoit uni à lui, et il commandoit Farmée d* Allemagne. Les vertus de ce grand homme sont plus connues par ses actions que par ce que je pourrois dire ici^, et ce qu'il a fait depuis pour la gloire du Roi et de TÉtat doit effacer la faute que Tintérét du duc de Bouillon et de sa maison et son mécontentement particulier lui firent^ commettre en cette rencontre. Il entra dans les liaisons de son frère, et voulut employer Tarmée qu'il commandoit pour soutenir le parti de Paris ; mais ses troupes • suivirent leur devoir, et il fut contraint, pour chercher sa sûreté, de se retirer en Hollande ^. Le ma-

et très-passionnë pour la grandeur de sa maison. Retz dit dans le portrait qu'il trace de lui (tome U, p. 179) : c L*on Ta cru plus capable d'être à la tête d'une armëe que d'un parti, et je le crois aussi , parce quHl nVtoit pas naturellement entreprenant. Mais toutefois qui le sait ? »

Page 1