D'autres gens. {Ms. U^ réd. i
5. « Morgue^ dit Furetière, se dît figurément d^un regard fixe et sévère, par lequel il semble qu^on veuille braver quelqu*un. »
6. Comme ils. {M*, if, rid, 9.) —7. Vojes ci-dessus, p. 86, note 4*
alla fort accompagné ; il chassa les violons, il renversa la table, et la confusion et le désordre furent si grands, qne^ le duc de Caudale', Bouteville', Saint-Mesgrin ^ et plusieurs autres qui étoient du souper, coururent fortune d*étre tués, et que le marquis de Jarzay y fut blessé par des domestiques du duc de Beaufort'. Cette affaire
I. Il se résolut de lear faire un affront public, de sorte qu*ëtant assembla un soir pour souper dans le jardin de Renard près les Tuileries, il j alla arec beaucoup de gens, chassa les violons, ren- Tersa la table, et arec tant de désordre et de confusion que, etc. (iû. H.réd, I.)
a. Louis-Charles-Gaston de Nogaret et de Foix, marquis de la Valette et duc de Caudale. U était fils du duc d^Épemon; Mazarin désirait lui faire épouser une de ses nièces, Anne Martinozzi, celle qui, plus tard, fut mariée au prince de Conty. Le duc de Caudale mourut sans alliance, en i658,à Tage de trente et un ans. Il arait été le roi de la galanterie ; les modes auxquelles il avait donné son nom lui survécurent; en 1666, lorsque parut le Roman bourgeois de Furetière, on parlait encore des chausses à la Candale (voyez Tédition de M. Éd. Foumier, p. 78). Consultez sur lui, Saint-Évremond, OEuvres mêlées^ tome II, p. 166-195.
3. François-Henri de Montmorencjr, célèbre sous le titre de maréchal de Luxembourg, né en i6a8, mort en 169$, fils posthume du comte de Montmorency Bouteville, décapité en 1627.
4. Jacques Estuer ou Stuer de la Yauguyon, marquis de Saint- Mesgrin, dont la famille se prétendait issue des Stuarts. U fut tué au combat de la porte Saint-Antoine : voyez ci-après, p. 4o5 et 406.
5. La scène, qui est du 18 juin, et que plusieurs autres mémoires contemporains racontent avec toute sorte de détails, donna lieu à un certain nombre de pamphlets {Bibliographie des Mazari^ nades^ tome III, p. 3 19), dont le premier en date, la Soupe frondée^ nous fait connaître les noms des gentilshommes acteurs autour dé la Nappe renversée^ comme s^exprime le titre d^un autre factum. Du côté de Beaufort, il y avait, entre autres, Vineuil, Tautcur d'un morceau de mémoires longtemps publié sous le nom de la Rochefoucauld (voyez ci-après à V Appendice^ III). Retz nous apprend (tome II, p. 5 16) que c l'on coiffa d'un potage le pauvre Vineuil, qui n'en pouvoit mais, et qui se trouva de hasard en table avec eux.» — c Toute la nuit, dit le BrarUe-Mazarin (Choix de MazarinadeSy tome I, p. 5oi)y trois maréchaux de France firent la patrouille par Paris, crainte qu'il n'arrivât quelque désordre; et le lendemain le
i44 MÉMOIRES. [1649]
n*eat pas néanmoins les suites que vraisemblablement on devoit en attendre : plusieurs de ceux^ qui avoient part à cette offense firent appeler le duc de Beaufort; mais il ne crut pas les devoir satisfaire dans cette con* joncture^. Monsieur le Prince y prit les intérêts de la cour et ceux du Cardinal avec la même chaleur qu*3 a voit eue dans les autres temps.
Cependant le Cardinal perdant aisément le souvenir des obligations qu'il avoit à Monsieur le Prince, se souvenoit seulement des mécontentements qu^il en avoit reçus * ; et sous prétexte d'un iticcommodement
prëTÔt des marchands et quelques ^herins furent chez Monsieur le Chancelier pour lui témoigner que les bourgeois ne faisoient que te rire de cela ; que là où M. de Beaufort auroit de Tavantage, il ne faut rien craindre, mais qu^ils le prient de faire en sorte qu'on recommande bien à la cour de ne point éveiller cette grosse béte qui commence déjà à s^assoupir, en remontrant que le moyen de la gagner, c'est de la caresser et non pas la picoter à tous moments. »
I. N'eut pas toutefois les suites qu'elle deroit avoir vraisemblablement : beaucoup de ceux. (Ifr. H^ rèd, i.)
a. *Dans une conjoncture comme celle où il se trouvoit. (Mir. iT, rld. I.) — Caudale, entre autres, envoya dire le lendemain à Beaufort qu'il l'attendait en un endroit du bois de Boulogne ; mais le duc lui répondit qu'il ne voulait point se battre contre son cousin germain *. La querelle fut du reste accommodée quelques jours après par les soins du duc d'Orléans. C'est à la suite de cette aventure que Beaufort, pour mettre sa personne plus en sûreté, alla se loger dans la rue Quincampoix, au milieu du peuple, dont il était l'idole, et se fit marguillier de la paroisse de Saint-Nicolas des Champs : voyez Montglat^ tome II, p. 190.
3. Mais le Cardinal perdant aisément le souvenir des bienfiiits de Monsieur le Prince, conservoit celui des mécontentements qn^il en avoit reçus. {hU. Hy réJ. i.) — La a* rédaction difTère de notre texte par oubliant pour perdant ^ conservoit celui pour se venoit seulement^ et eu [sic) pour reçiu.
• Candale était coasin de Beaufort par sa mère Gabrielle-Angéliqiie, mée de France, fille de Henri lY et d'Henriette d'Entragaet; elle avait épowé ta i6aa Bernard de Nogaret, doc d'Épemoa et comte de Caudale. EU» WÊtom mt en concbes le ai avril 16^7. Voyesle P, dsuelme, tome III, p. 858.
sincère, il ne perdit point d^occasion de se prévaloir avec industrie de sa trop grande confiance. Il connut bientôt que * les desseins de Monsieur le Prince n'alloient à rien de plus, comme je Tai dit, qu^à lui faire peur : il crut le devoir entretenir dans cette pensée et faire semblant de le craindre, non-seulement pour Tempécher par ce moyen de prendre des voies plus violentes contre lui, mais aussi pour exécuter plus sûrement et plus facilement le projet qu'il faisoit contre sa liberté ^. Dans cette vue, tous ses discours et toutes ses actions faisoient paroitre de rabattement et de la crainte '; il ne parloit que d'abandonner les affaires et de sortir du Royaume ; il faisoit faire tous les jours quelque nouvelle proposition aux amis de Monsieur le Prince pour lui offrir la carte blanche^, et les choses passèrent si avant, qu'il convint que désormais on ne donneroit plus de gouvernements de provinces, de places considérables, de charges dans la maison du Roi, ni d'offices de la couronne, sans l'approbation de Monsieur le Prince, de M. le prince de G)nti, et de M. et de Mme de Longueville, et qu'on leur rendroit compte de l'administration des fi-
I. Ainsi ayant pënëtrë qae. {Mt. H^ réd. a.) — De sorte qu'ayant pënëtrë que.... (Afi. H^ réd. i.)
a. Il crut le devoir entretenir dans cette pensëe et afTecter {en affectant^ rëd. a) par toutes sortes de voies de témoigner de le craindre, non-seulement pour Tempécher {par ce moyen ^ rëd. a) d'en prendre de plus violentes {contre lui, rëd. a), mais encore pour pouvoir venir à bout, avec {mau pour vemr plus sûrement à bout et avec, rëd. a) moins de soupçon, du projet qu'il faisoit contre sa libertë. {Ms. H, réd. i H a.) — Rapprochez ce passage de la maxime 117- (tome I, p. 80 et 81) : « La plus subtile de toutes les finesses est de savoir bien feindre de tomber dans les piëges que l'on nous tend, et on n'est jamais si aisëment trompe que quand on songe à tromper les autres. » Voyez aussi les maximes ia7, 199 et a45 (tome I, p. 83, 1 10 et i3i).