‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 228 sur 569 · Le 8 novembre · texte numérisé non relu

Le 8 novembre

3. q: Dans cette vue, dit Guy Joli (tome I, p. i36), ils avoient gagné quatre gardes des sept qui étoient dans l'appartement des Princes, qui dévoient se rendre maîtres des autres trois, ou les poignarder en cas de résistance. Ils sMtoient aussi assurés de quelquesuns des officiers et soldats qui Teilloient à la garde des dehors sur la terrasse du château de Marcoussi, au pied de laquelle un homme s'étoit chargé de faire trouver un bateau, dans lequel les Princes dévoient passer le fossé, pour aller joindre, à vingt pas de la, le duo de Nemours, qui les auroit conduits avec une bonne escorte en lieu de sûreté. » La translation des prisonniers de Marcoussis au Havre déjoua ce plan d'évasion.

4. Charles-Amédée de Savoie, dont il a déjà été question plus haut (voyez p. 98 et note 4); né en i6a4> second fils de Henri !•' de Savoie, duc de Nemours ; il était devenu l'aîné de la famille par la mort de son frère en 1641 ; ie 7 juillet i643, il épousa Elisabeth de Vendôme, sœur des ducs de Mercœur et de Beaufort, dont il eut deux filles, qui furent, Tune reine de Portugal, Tautre duchesse de Savoie. On verra plus loin sa liaison avec Mme de Longueville, liaison qui amena la rupture entre la belle duchesse et la Roche* foucauld.

ai4 MÉMOIRES. [i65o]

donc perdre des conjonctures si favorables, il entra ^ en Champagne et prit d'abord Qiàteau-Portien* et Rethel , qui firent peu de résistance ; il s'avança ensuite jusques àla Ferté-Milon; mais y ayant appris qu'on avoit transféré les Princes au Havre-de-Grâce *, les Espagnols ne voulurent pas passer plus outre, et il ne fut plus au pouvoir de M. de Turenne de s'empêcher de retourner à Stenay avec Farmée. Cependant il donna ses ordres pour fortifier Rethel, et y laissa Deliponty ^ avec une garnison espagnole, ne croyant pas pouvoir mieux choisir pour confier une place qui étoit devenue trèsimportante, que de la donner à un homme qui en avoit si glorieusement défendu trois ou quatre des plus considérables de Flandres*.

Le bruit de ce que je viens de dire hâta * le retour de la cour, et les Frondeurs, qui avoient été unis au Cardinal, tant que les Princes étoient demeurés à Vincennes et à Marcoussy, dans l'espérance de les avoir en leur pouvoir , la perdirent entièrement lorsqu'ils les virent'' conduire au Havre. Ils cachèrent toutefois leur ressentiment contre lui sous les mêmes apparences dont ib s' étoient servis pour cacher leurs liaisons; car bien que depuis la prison des Princes, ils eussent essayé de

I . De sorte que pour se servir des conjonctures, il entra. (Jfi. JET, réd, I.)

a. Sur FAisne, au-dessous et à deux lieues de Rethel.

3. Cette translation eut lieu, nous l'ayons dit, le i5 noTembre : vojez la note 3 de la page io4-

4* Retz (tome II, p. 336, éà. Ch.) l'appelle lÀponti; TaTuines (édit. Moreau, p. 44)i d^Elponty. Jean delli Ponti ëtait un Italien, maréchal de camp dans les armëes espagnoles.

5. Entre autres Courtraj, en juin 1646 : rojez les Mimunrti dm Buisy Rabut'm^ tome II, p. ao8.

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