‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 237 sur 569 · Ennemi déclare du Coadjuteur. (Ms. H^réi, i · texte numérisé non relu

Ennemi déclare du Coadjuteur. (Ms. H^réi, i

3. Voyant les négociations également avancées de tons côtés, et jugeant que, si on concluoit avec les Frondeurs, les Princes ne pourroient sortir de prison sans une révolution entière, et qu*aa contraire le Cardinal, qui avoit les clefs du Havre, les pouvoit mettre en liberté en un moment, il empocha Mme la princesse Palatine de faire ratifier à Monsieur le Prince le traité des Frondeurs, pour donner temps au Cardinal de se résoudre dans une affaire si importante, et déconsidérer le péril où il s*alloit jeter, (iiff. JST, réd, i «/ 1.)

4. Tout ce qui suit, jusqu*au paragraphe qui commence par ces mots (p. 337) : « Les choses étoient venues a un point, » ne se trouve que dans le manuscrit D de la Roche-Guyon ; c'est donc un morceau demeuré jusqu'à présent inédit.

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ainsi à ce qu'on auroit pu entreprendre contre lui. Dans la première conversation, il justifia d'abord, avec beaucoup de soin et d'artifice, ce qu'il avoit été contraint de faire contre Monsieur le Prince, et s'étendit sur les raisons qu'il avoit eues de le faire arrêter; il n'oublia rien pour persuader au duc de la Rochefoucauld qu'il souhaitoit sincèrement de se réconcilier avec la maison de Condé , qu'il vouloit entrer désormais dans tous leurs sentiments et dans toutes leurs liaisons, et que leur haine commune et irréconciliable pour le coadjuteur de Paris devoit être le nœud de leur union. Il lui dit encore qu'il ne vouloit de sûreté, dans son raccommodement avec Monsieur le Prince, que la parole de Mme de Longueville et celle du duc de la Rochefoucauld; mais qu'il demandoit du temps avant que de conclure un traité qui pouvoit avoir de si grandes suites. Il voulut même éblouir le duc de la Rochefoucauld de toutes les espérances qui pouvoient le plus flatter son ambition : il lui offrit la disposition entière du mariage de ses trois nièces ^, pour lui prouver, ce disoit-il, par une marque si singulière de confiance et d'estime, quelle préférence il lui vouloit donner sur tous ses autres amis. Des offres si grandes et si étendues donnèrent plus de défiance au

I. Le cardinal Mazarin airait sept nièces et trois neveux. A Vépoque où nous placent ici les Mémoires^ trois de ces nièces et un de ces neveux seulement étaient en France : Anne-Marie Martinozzi, une des filles de la sœur aînée du Cardinal , et Laure et Olympe Mancini, avec leur frère Paul, enfants de sa sœur cadette. Mme de Motteville a raconté dans ses Mémoires (tome I, p. Z6y el suivantes), à la date du ii septembre 1647, l'arrivée de ce premier ban de la famille de Mazarin. Les autres neveux et nièces, savoir : Laure Martinozzi, Marie, Hortense et Marie-Anne Mancini, et leurs deux jeunes frères, n'arrivèrent que plusieurs années plus tard , après la Fronde. Voyez, à ce sujet, les détails que donne M. Amédée Renée dans son livre intitulé les Nièces de Mazarin^ i857, in-8<», 3« édition, p. 37-44.

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duc de la Rocbefoucauld qu'elles ne lui donnèrent d'espérances. Néanmoins, comme tous les intérêts du Cardinal le dévoient obliger à traiter de bonne foi, le duc de la Rochefoucauld eut quelque temps sujet de croire que sa négociation ne seroit pas inutile, et que le Cardinal, environné de tant d'ennemis, et exposé i tant de périls, prendroit enfin le seul bon parti qui lui restoit à prendre. II crut aussi qu'il étoit inutile de justifier la conduite passée de Monsieur le Prince. U loua seulement le Cardinal d'avoir soutenu avec tant de^ gloire et de fermeté le poids des affaires dans des temps si difficiles; il lui fit paroitre qu'il recevoit avec beaucoup de respect et de reconnoissance les marques particulières qu'il lui donnoit de son estime et de son amitié, sans lui laisser croire toutefois qu^il pût se laisser toucher à tant de vaines espérances; mais il le pria, en même temps, de se souvenir de ce qu'il lui avoit dit à Bourg, en sortant de Bourdeaux, après que la paix fut signée , et que, comme il lui avoit dit alors que son engagement vers Monsieur le Prince et M. le prince de Conti dureroit autant que leur prison, il lui répétoit les mêmes choses dans le Palais-Royal, étant encore plus entre ses mains qu'en Guyenne, et lui déclarmt que la liberté des Princes étoit le seul intérêt qu'il eût alors à ménager. Il lui fit voir que les retardements étoient également contraires aux intérêts de la cour et à ceux des Princes, et que cette entrevue, qui ne pouvoit être longtemps secrète, donneroit de nouvelles défiances aux Frondeurs. Il représenta ensuite à ce nynistre tout ce qu'il crut capable d'augmenter ses soupçons et ses craintes, sans lui rien dire néanmoins de ce qui se formoit tous les jours pour le chasser. Enfin il lui dit qu'il vouloit une réponse positive, parce que la durée de la négociation pouvoit faire perdre aux

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amis de Messieurs les Princes des occasions favorables de les tirer de prison ; qu^ils étoient encore en état de tenir cette grâce de lui et de se joindre à ses intérêts contre leurs ennemis communs ; mais qu'on étoit sur le point aussi de se joindre à tout ce qui lui étoit opposé, s*il refusoit de mettre les Princes en liberté ; que tout ce qu'on pouvoit faire étoit de lui donner vingt-quatre heures pour résoudre s'il lui étoit plus avantageux de s'unir à Monsieur le Prince pour perdre les Frondeurs, ou de voir Monsieur le Prince uni aux Frondeurs pour le perdre lui-même. Ce discours ébranla le Cardinal; il ne put néanmoins se déterminer sur l'heure : il remit au lendemain à rendre une réponse décisive ; mais son irrésolution naturelle et le peu de connoissance de son état présent lui firent perdre inutflement le temps de conclure, et obligèrent le duc de la Rochefoucauld de traiter deux jours après avec M. le duc d'Orléans et avec les Frondeurs, et de signer ce qu'ils avoient désirée

I. Rapprochez du récit de Mme de MotteriUe (tome III, p. 966 et 267] : c La Toie des Frondeurs ne loi plaîsoit point, dit-elle (en parlant de la Rochefoucauld), et celle de la cour lui auroit été fort agréable. Les grands seigneurs trouvent toujours leur avantage à s^attacher au Roi et à leurs ministres : c*est de cette seule ressource d*où leur peuvent venir les grâces et les bienfaits. U s*imaginoit avec raison que, remettant la paix et l'union entre Monsieur le Prince et Monsieur le Cardinal, il en pourroit recevoir une hante récompense.... D fit donc savoir au Ministre qu'il desiroit de le voir, et lui demanda sûreté pour sa personne par un écrit de sa main.... H entroit dans son appartement du Palais-Royal par un petit escalier dérobé; et le Ministre seul, avec une bougie à la main,... venoit ouvrir la porte. J'ai ouî dire au duc de la Rochefoucauld que.... il auroit pu facilement le tuer, et qu'il a voit sou* vent admiré sa confiance et le hasard où il se mettoit, se livrant au meilleur ami qu'eussent alors Monsieur le Prince et Mme de Longueville. Le Ministre, de même, l'anroit pu fidre arrêter ; mais la fidélité ayant été égale des deux côtés, le duc de ]a Rochefoucauld D^onblia rien pour convier le Minbtre à se tourner du côté du

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L'habileté que le cardinal Mazarin avoit fait parottre en tant d'occasions ne parut pas au duo de la Rochefoucauld dans tout le temps que dura cette négociation : il le trouva presque toujours étonné, irrésolu, affectant de fausses vanités, et se servant de petites finesses. Tout défiant qu*étoit ce ministre, et quelque besoin qu'il eût de ne se pas méprendre à juger de Tétat présent de ses affaires, il ne pénétra jamais ce qui se préparoit contre lui : il ne connut point les divers intérêts, ni les sentiments de tant de gens qu'il croyoit attachés à sa fortune, et qui traitoient néanmoins tous les jours de son éloignement et de la liberté des Princes^.

prince de Condë. U lui dit aoayent, sans lui dëcouTiir le fond du mystère, qu'U yerroit bientôt éclater de grandes persécutions contre lui.... Mais le Ministre, qui ne saroit rien de la liaison des Princes arec les Frondeurs, qui avoit peur de l'audace du prince de Condë, de l'intrigue de Mme de Longueville, et de l'ambition du même duc de la Rochefoucauld, n'y voulut point entendre.... Toutes ces conférences n'ayant eu aucun effet, le duc de la Rochefoucauld se résolut de laisser conclure les traités, de consentir que la princesse Palatine achevât son ouvrage avec le duc de Nemours, qui servit le prince de Condé de tout son possible. »

I. A la place de ce qui précède, depuis ces mots (p. a sa) : « Aussitôt que le Gurdinal fut averti par Mme la princesse Palatine, etc. s, voici ce qu^on lit dans le ms. H (réd. x et a) : c Le duc de la Rochefoucauld vit le Cardinal trois ou quatre fois avec beaucoup de secret et de mystère ; et ils le désirèrent tous deux ainsi, parce que le Cardinal craignoit extrêmement (cndgnoU plus que toutes choses^ réd. i) que M. le duc d'Orléans et les Frondeurs, découvrant cette négociation, n'en prissent un sujet de rompre leur liaison et d'éclater contre lui ; et le duc de la Rochefoucauld tenoit aussi ces entrevues d'autant plus secrètes, que les Frondeurs demandoient, comme une condition de leur traité, qu'il fût signé de lui : ce qu'il ne vouloit ni ne devoit faire, tant qu'il y muroit lieu d'espérer que le traité du Cardinal pourroit être sincère de sa part et de celle des Princes. Il reçut même alors un plein pouvoir de Mme de Longueville pour réconcilier tonte sa maison avec le Cardinal, pourvu qu'il remît les Princes en liberté. D'autre part , les Frondeurs , qui avoient su que le doc de U

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Les choses étoient venues à un point que rien n*étoit capable de les empêcher d*éclater. M. le duc d'Orléans, qui suivoit alors, comme j*ai dit^, les avis et les sentiments de Mme de Chevreuse, de M. de Chàteauneuf ' et du 0)adjuteur, déclara ouvertement qu'il vouloit la liberté des Princes. Cette déclaration' de M. le duc d'Orléans donna une nouvelle vigueur au Parlement et

Rochefoucauld ëtoit à Paris, pressèrent pour lui faire signer le traite arec Monsieur le Prince, et témoignèrent de l'inquiétude du retardement qu^il 7 apportoit : de sorte que, se voyant dans la nëcessitë de conclure promptement avec l'un ou l'autre parti, il roulut voir encore une fois le Cardinal ; et alors, sans lui rien découvrir des traités particuliers qui se &t8oient, il lui représenta seulement les mêmes choses qu'il lui avoit dites à Bourg, et le péril qu'il alloit courir par le soulèvement de ses ennemis déclarés, et par l'abandonnement général de ses créatures. H ajouta que les choses étoient en tels termes que, s'il ne lui donnoit ce jour-là une parole précise et positive de la liberté des Princes, il ne pouvoit plus traiter avec lui, ni différer de se joindre à tous ceux qui desiroient sa perte. Le Cardinal voyoit beaucoup d'apparence aux raisons (à ce qu*on lui disait ^ réd. i), quoique (néanmoins, réd. i) le duc de la Rochefoucauld ne lui parla que généralement des cabales qui s'élevoient contre lui, sans entrer dans le particulier d'aucune; et il le fit ainsi pour ne manquer pas au secret qu'on lui avoit confié, et pour ne rien dire qui pût nuire au parti qu'il falloit former pour la liberté des Princes, si le Cardinal la refusoit. Ainsi (Je sorte que^ réd. i) le Cardinal, ne voyant rien de particularisé, crut que le duc de la Rochefoucauld lui grossissoit les objets, afin de le faire conclure ; et il crut que, ne lui nommant pas même ses propres ennemis, il n'avoit rien d'assuré à lui en dire. » — Tel est aussi, mais avec de nombreuses variantes, le texte des éditions antérieures à la nôtre.

I. Les mots : comme foi dit, ne sont pas dans le ms. H (réd. i et a).

9 . * De M. de Chateauneuf, de Mme de Chevreuse. {Ms, H, réd, I et s.)

3. Se déclara ouvertement de vouloir la liberté des princes, et ceux-ci désirèrent qu'on conclût le traité avec les Frondeurs, et obligèrent le duc de la Rochefoucauld à se réconcilier et à se joindre avec eux. Cette déclaraticm, etc. (JCr. H, réd, i et a.)

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au peuple et mit le Cardinal dans une entière consternation. Les boui^eois prirent les armes; on fit la garde aux portes, et en moins de six heures il ne fut plus au pouvoir du Roi et de la Reine de sortir de Paris. La noblesse , voulant avoir part à la liberté des Princes, s'assembla*, en ce même temps, pour la demander: on ne se contentoit pas de faire sortir les Princes de prison^, on vouloit encore la vie duGurdinal'. M. de Qiàteauneuf voyoit ainsi augmenter ses espérances; le maréchal de Yilleroy *, et presque toute la maison du Roi les appuyoient sous main de tout leur pouvoir. Une partie des ministres et plusieurs des plus particuliers amis et des créatures' du Cardinal, fidsoient aussi la même chose*. Enfin la cour, dans aucune rencontre, n'a jamais mieux paru ce qu'elle est.

I. "^La noblesse roulut..., et elle s'assembla. (Ms. H, réd^ let i.) 9. Les mots : de prison, ne sont pas dans le ms H, rëd. i et a.

3. Ce fut en ce temps-là que la Ville distribua des jetons qui, d*an c6të, reprësentoient la hacbe et les verges annoriales du Cardinal, avec cette lëgende autour : Quod fuit honos eriminis est puhdes, c'est-à-diré : c ce qui a été autrefois une marque d*honneur et de puissance est pour punir les crimes de Mazarin ; » et au revers un licol avec cet hëmistiche : Sunt certa fmc fata tyrannis^ « telle est la destinée des tyrans. » i65i. {Note de P édition de 1688.) -— Nous avons vu, an cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale, deux exemplaires de ce jeton, Tun de cuivre, Taatre d'argent.

4. Nicolas de Neufville, fils de Charles (voyez ci-dessus, p. i5 et note 6), marquis, puis duc de Villeroy, né en 1598, gouiremeur de Louis XIV et marëchal de France en 1646, chef du conseil des finances en 1661, mort en i685.

5. Des particuliers amis et des créatures plus dépendantes. {Ms. H^ rid, X et ^,)

6. Après ces mots, les éditions antérieures a 1804 ont une verlion toute différente, beaucoup plus longue que celle du ms. D de la Roche-Gujon et des deux rédactions du ms. H. La voici : « La duchesse de Chevreuse y contribuoit de tout son pouvoir, et elle en avoit beaucoup dans toutes les cabales. M. de Château-

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Mme de Chevreuse et M. de Châteauneuf gardoient encore alors exactement les apparences, et rien ne les avoit rendus suspects au Cardinal, tant sa fortune présente et la secrète désertion ^ de ses propres amis lui avoient 6té la connoissance de ce qui se passoit contre lui : de sorte qu'ignorant la proposition du mariage de M. le {>rince de G)nti, et considérant seulement Mme de Chevreuse comme la personne qui avoit plus contribué à la prison des Princes en disposant M. le duc d'Orléans à y consentir', il eut d'autant moins de défiance des conseils qu'elle lui donna, que son abattement et ses craintes ne lui permettoient pas d'en suivre d'autres que ceux qui alloient à pourvoir à sa sûreté. Il se représentoit sans cesse qu'étant au milieu de Paris, il devoit tout appréhender de la fureur d'un peuple qui avoit osé prendre les armes pour empêcher la sortie du Roi. Mme de ChoTCUse se servit avec beaucoup d'adresse de la disposition où il étoit, et désirant en effet son éloignement pour établir M. de Châteauneuf et pour achever le mariage de sa fille, elle se ménagea si bien, qu'elle eut beaucoup de part à la résolution qu'il prit

neuf a toujours été lié à ses intérêts depuis et devant sa prison, et ç*a été conjointement qu'ils ont pris toutes leurs mesures , tantôt avec le Cardinal, tantôt arec ses ennemis. Elle avoit une grande liaison arec le Coadjuteur; mais la beauté de Mlle de Chevreuse, sa fille, 7 aroit encore plus de pouvoir. Mademoiselle et le Coadjuteur, assistés de Mme de Chevreuse et du garde des sceaux, étoient maîtres de l'esprit de M. le duc d'Orléans (Je M. d'Orléans, i66a). Us avoient, outre cela, de puissantes cabales dans le peuple, et dans le Parlement, qu'ils faisoient agir selon leur besoin. La duchesse de Chevreuse et M. de Châteauneuf n'étoient point encore suspects au Cardinal. U ignoroitla proposition du mariage, etc. »

I. Et la désertion. (Ms. H,réd. a.) — Et, si on peut parler ainsi, la désertion. {Ms, H, rid. i.)

^. kj consentir, et en ruinant ensuite l'abbé delà Rivière auprès de loi. (Jfi. JET, réd, i €t 9.)

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enfin de se retirer*. Il sortit le soir de Paris à cheval, sans trouver d'obstacle, et, suivi de quelques-uns des siens, il s'en alla' à Saint-Germain*. Cette retraite n'a-

I. « Mme de Chevrease, qui, depuis la prison da Prince, aroit paru assez attachée à la Reine, et qui faisoit mine d*étre amie du Cardinal, et de lui donner de salutaires aris, lui conseilla de s*ëloîgner pour quelque temps, afin de laisser passer Torage.... Par préférence à toutes choses, elle vouloit voir les Princes sortir de prison, et que le mariage de sa fille se fît. » (Mme de Moitêpille^ tome in, p. 189.)

a. *I1 alla. (Ms. H, réd. i et ^,)

3. Il « sortit de Paris à pied, le 6 férrier i65i, sur les onze heures de nuit, dit Guy Joli (tome I, p. 163), en habit gris, accompagné seulement de son écujer et de trois autres personnes, qui le menèrent par la porte de Richelieu, jusqu'au rendez-vous, où ils trouvèrent des chevaux tout prêts, lesquels ayant montés, ils allèrent joindre un gros de cinq cents chevaux, qui le conduisirent à Saint- Germain, s — Le récit de Mme de Motteville (tome III, p. agi) diffère par quelques petites circonstances : « Il se vêtit, dit-elle, d*une casaque rouge, prit un chapeau avec des plumes, et sortit à pied du Palais-Rojal, suivi de deux de ses gentilshommes. Il alla par la porte de Richelieu, où il trouva de ses gens qui Pattendoient avec des chevaux; de là il alla passer la nuit à Saint-Germain. » Il était convenu que le Cardinal serait rejoint par la Reine, si celleci ne réussissait pas à calmer Torage. Au sujet de ce départ, on lit, à la date du xi février i65i , dans la Muze historique de Loret, p. 91 et 99 :

Le Cardinal, lundi, la nuit, Fit sa retraite à petit bnilt, Et sortit par l*huit de derrière, La lane serrant de lamière....

On dit qu'en sortant de la porte, Il fit ses regrets de la sorte :

« Adieo, plaisant Palaii-Royal, Qoi me aerroit d'Escorial

O Richelieu (par parenthèse) , Qai maintenant es à ton aise.

Mille et mille fois plos qne moi, Qni sois en piteux désaiït^, 8i, détenant fier eomme Hérode, J'eosie nn peu soiri ta métbodey

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doucit point les esprits des Parisiens ni du Parlement. On craignoit même qu'il ne fût allé au Havre, pour enlever les Princes, et que la Reine n*eût dessein en même temps d'emmener* le Roi hors de Paris. Cette pensée fit prendre de nouvelles précautions. On redoubla toutes les gardes des portes et des rues proche du Palais- Royal, et il y eut encore toutes les nuits non-seulement des partis de cavalerie pour s'opposer à la sortie du Roi', mais un soir' que la Reine avoit effectivement dessein de Temimener, un des principaux officiers de la maison en donna avis ^ à M. le duc d'Orléans, qui envoya des

Bemcoop qui font les entendas Eussent sans doute été pendus, Et d'sntres qoi font tant les bétes, A présent n*aaroient pins de têtes »....

Il en eût darantage dit.

Sans quelque bruit qu'il entendit.

Qui lui ferma soudain la boudie, Et ne sut plus dire que : c Tondie. b Lors son cocher toncha sondain.

Et tira droit à Saint-Germain.

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