‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 301 sur 569 · Aigri. (Afi. H^ réd, i «/ a · texte numérisé non relu

Aigri. (Afi. H^ réd, i «/ a

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lui, et il étoit encore dans le parquet des huissiers, lorsque le G>adjuteur étoit déjà arrivé dans la grand salle. A sa vue, tout ce qui tenoit son parti mit Tépée à la main sans en savoir la raison , et les amis de Monsieur le Prince firent aussi la même chose ^; chacun se rangea du côté qu'il servoit, et, en un instant, les deux troupes ne furent séparées que de la longueur de leurs épées, sans que, parmi un si grand nombre de braves gens, animés par tant de haines différentes et par tant d'intérêts contraires, il s'en trouvât aucun qui allongeât un coup d'épée, ou qui tirât un coup de pistolet. Le Coadjuteur, voyant un si grand désordre, connut le péril où il étoit, et voulut, pour s'en tirer, retourner* dans la grand chambre ; mais, en arrivant à la porte de la salle par où il étoit sorti, il trouva que le duc de la Rochefoucauld s'en étoit rendu le maître'. Il essaya de l'ouvrir avec eflTort, mais, comme elle ne s'ouvroit que par la moitié, et que le duc de la Rochefoucauld la tenoit, il la referma en sorte, dans le temps que le Coadjuteur rentroit, qu'il l'arrêta ayant la tête passée du côté du parquet des huissiers et le corps dans la grand salle. On pouvoit croire que cette occasion tenteroit le duc de la Rochefoucauld, après tout ce qui s' étoit passé entre eux, et que les raisons générales et particulières le pousseroient à perdre son plus mortel ennemi, puisqu'avec la satisfaction de s'en venger, il vengeoit encore Monsieur le Prince des paroles audacieuses qu'on venoit de dire contre lui. Le duc de la Rochefoucauld

I. Retz (tome m, p. 319, ëd.Ch.), Mme deMotteTÎHe (tome III, p. 4^8) et Guj Joli (tome I, p. a 19 etsao) s'accordent à dire que ce furent les gens de Monsieur le Prince qui tirèrent les premiers

s. Et Toulut s'en retirer et retourner. (Mi, iSf, réd, i et a.) 3. ** S'en étoit rendu maître. (lf#. if, réd. x et a.)

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trouvoit juste aussi que la vie du Gmdjuteur répondh de révénement du désordre qu'il avoit ému, et duquel le succès auroit sans doute été terrible ; mais, considérant qu'on ne se battoit point dans la salle, et que de ceux qui étoient amis du G>adjuteur dans le parquet des huissiers, pas un ne mettoit Tépée à la main pour le défendre, il n'eut pas le même prétexte pour l'attaquer qu'il auroit eu si le combat eût été commencé en quelque endroit^. Les gens même de Monsieur le Prince qui étoient près du duc de la Rochefoucauld ne sentoient pas de quel poids étoit le service qu'ils pouvoient rendre à leur maître * ; et enfin l'un, pour ne vouloir pas faire une action qui eût paru cruelle, et les autres, pour être irrésolus dans une si grande affaire, donnèrent temps à Champlàtreux ', fils du Premier Président, d'arriver, avec ordre de la grand chambre de dégager

I . Tout ce passage est, dans le ms. H et dans les anciennes éditions, plus indëcis par Tidëe et embarrasse par la forme; il semble que la Rochefoucauld, sentant tout Todieux de sa conduite, ne sache trop à quel tour s'arrêter: c Outre la satisÊiction de s'en venger en vengeant Monsieur le Prince des paroles audacieuses qu*il venoit de dire contre lui, on pouvoit croire encore qu'il" ëtoit juste que la vie du Coadjuteur répondit de Tëvënement du désordre qu^il avoit ému, et duquel le succès pouvoit être apparemment terrible ; mais le duc de la Rochefoucauld, considérant qu'on ne se battoit point dans la salle, et que de ceux qui étoient amis du Coadjuteur dans le parquet des huissiers, pas un ne mettoit l'épée à la main pour le défendre, il crut (ainsi U crut, réd. i) n'avoir pas le même prétexte de se venger de lui, qu'il auroit eu si, etc. » (Ms. H, réd. i et a.)

a. A leur maître en ce rencontre. {Ms, if, réd. i et a.) — Renouard a changé ce en cette,

3. Jean-Ëdouard Mole, seigneur de Champlàtreux, d'abord conseiller honoraire, puis, en 1648, maître des requêtes au parlement de Paris, fut reçu président à mortier en 1657; il mourut en i68a. Voyez sur lui l'ouvrage de M. de Barante, le Parlemêni et la FromU, 1859, in-8«, p. 399 et 4oo-

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le G>adjuteur, ce qu'il fit, et ainsi il le retira du plus grand péril où il se (i!it jamais trouvé ^ . Le duc de la Ro-* chefoucauld, le voyant entre les mains de Qiamplàtreux, retourna dans la grand chambre prendre sa place, et le G>adjuteur y arriva dans le même temps, avec le trouble qu'un péril tel que celui * qu'il venoit d'éviter lui devoit causer. Il commença par se plaindre à l'assemblée de la violence du duc de la Rochefoucauld. Il dit qu'il avoit été près d'être assassiné, et qu'on ne l'a voit tenu à la porte que pour l'exposer à tout ce que ses ennemis auroient voulu entreprendre contre sa personne. Le duc de la Rochefoucauld, se tournant vers le Premier Président, répondit qu'il falloit sans doute que la peur eût ôté au Coadjuteur la liberté de juger de ce qui s'étoit

I. RapprochezdurëcitdeRetz (tomelll, p. 3i8 etaiQ, ëd.Ch.): c Comme je mis le pied sur la porte du parquet, j'entendis une fort grande rumeur dans la salle, de gens qui crîoient aux armes. Je me touIus retourner pour voir ce que cVtoit, mais je n*en eus pas le temps, parce que je me sentis le cou pris entre les deux battants de la porte, que M. de la Rochefoucauld avoit fermée sur moi, en criant à MM. de Colignj et de Ricousse de me tuer. Le premier se contenta de ne le pas croire ; le second lui dit qu'il n'en avoit point d'ordre de Monsieur le Prince. Mon trésor, qui étoit dans le parquet des huissiers avec un garçon de Paris, appelé Noblet, qui m'étoit affectionné, soatenoit un peu un des battants, qui ne lais* soit pas de me presser extrêmement. M. de Champlutreux , qui ëtoit accouru au bruit qui se faisoit dans la salle, me voyant en cette extrémité , poussa avec vigueur M. de la Rochefoucauld. Il lui dit que c'étoit une honte et une horreur qu'un assassinat de cette nature ; il ouvrit la porte et il me fit entrer. » — Guy Joli (tome I, p. 33 1) rapporte, de son côté, que le duc delà Rochefoucauld, lorsqu'il tenait le Coadjuteur dans la porte, « dit au sieur de Chavagnac, ami de Monsieur le Prince, qu'il falloit tuer ce b.... là, et qu'il le poignardât. Ce gentilhomme dit qu'il n'en feroit rien, et qu'il étoit là pour le service de Son Altesse , mais non pour assassiner personne, et qu'il le poignardât lui-même, s'il le vouloit. »

9. **Avec tout le trouble qu'un accident comme celui, etc. {Mt, H^ réd. I.)

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passé ^ ; qu*autremeDt il auroit vu ' qu^il n'avoit pas eu dessein de le perdre, puisqu'il ne Tavoit pas fait, ayant eu longtemps sa vie entre ses mains; qu'en effet il s'étoit rendu maître de la porte et Tavoit empêché de rentrer, mais qu il ne s'étoit pas cru obligé ' de remédier à sa peur en exposant Monsieur le Prince et le Parlement à une sédition, que ceux de son parti avoient émue ^ en le voyant arriver. Ce discours fut suivi de quelques paroles aigres et piquantes, qui obligèrent' le duc de Brissac, beau-frère du duc de Retz^, de répondre; et le duc de la Rochefoucauld et lui résolurent de se battre le jour même sans seconds; mais, comme le sujet de leur querelle étoit^ public, elle fut accordée, au sortir du Palais, par M. le duc d'Orléans".

I. S'ëtoit passé dans ce rencontre. {Ms, iT, réJ. i.) ~~ Dans ce moment. (Mi. H, rid. i.)

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