‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 366 sur 569 · De leurs magistrats. (3fs. //, réd. i et · texte numérisé non relu

De leurs magistrats. (3fs. //, réd. i et

5. •* Proche le (du, anc. éd.) château duHi. (3fs. H, réd. i r/ 1.)

6. « Les factieux, écrit dom Devienne (Histoire de la ville de Bordeaux, tome I, p. 447)) tinrent leurs assemblées sur une plateforme qui étoit du côté de Sainte-Rulalie (entre le fort du Hd et la porte de Sainte-Eulaiie), et qu^on appeloit VOrmée^ a cause des ormeaux dont elle étoit plantée, n Les membres de TOrmée prirent le nom à^Ormistes, Ils eurent une juridiction ou chambre de VOrmière, dont les sentences éuient sans appel. L*Ormée avait en outre un journal , le Courrier BordeloU, Voyez Bernardau : Histoire de Bordeaux, p. 40a, et VBistoire aneedotique de la Fronde^ par M. Augustin Challamel (i volume in-S^, 1860), p. 186 et suivantet.

35o MÉMOIRES. [i65a]

puis le nom^ Le Parlement, de son côté, n'étoit pas moins partagé que le peuple. Ceux de ce corps qui étoient contre la cour s'étoient aussi divisés en deux factions : Tune s'appeloit la grande Fronde, et Fautre la petite Fronde ' ; et, bien que toutes deux s^accordassent à favoriser les intérêts de Monsieur le Prince, chacune cherchoit avec ardeur de s*établir près de lui, à Texclusion de T autre*. Au commencement, TOrmée avoit été unie avec Tune et l'autre Fronde, et s'en étoit plusieurs fois séparée, selon les divers intérêts qui ont accoutumé de faire agir les gens de cette sorte ^, lorsque M. le prince de G)nti et Mme de Longueville, s'étant malheureusement divisés, augmentèrent à un tel point le crédit et rinsolence de cette faction pour se Tattacher', qu'ils avancèrent la perte de leur parti, en désespérant

I. Retinrent depuis ce nom. ÇSfs, H, réâ. i f/ a.) — Dans Tcdition de i66a : « prinrent {sic) enfin ce nom. m

9. Le ms. H (r^d. i et a) et les anciennes éditions ne répètent pas ici le mot Fronde, — A partir de cette phrase, jusqu'à la page 354f ligne ii, le texte des éditions de la première série (1661-1688) offre de très-grandes différences et pour le style et surtout pour Tordre des idées. Le morceau a été entièrement remanié.

3. «La petite Fronde, dit V. Cousin {ihïd,^ p. 263), voulait bien soutenir les droits d'un prince du sang, couvert de gloire, contre rinjustice d'un favori étranger, comme on disait alors, mais en cela même elle croyait servir le Roi. A mesure que les choses marchèrent, sa loyauté conçut des scrupules : elle vit avec peine une flotte espagnole entrer dans la Gironde et des régiments espagnols prendre possession de Bourg. »

4. La fraction de la grande Fronde d'où sortit VOrmét était composée surtout de gens du bas peuple ou de Tinfime bourgeoisie ; de \k le dédain aristocratique de l'auteur des Maximes.

5. Ce n'étaient pas seulement le prince de Conti et Mme deLongueville qui ménageaient TOrmée; Condé lui-même, moins dédaigneux et plus politique que la Rochefoucauld, avait pris le parti de favoriser cette faction puissante et populaire, qui ne laissait pas, malgré ses violences déplorables, d'avoir des adhérents dans les hautes classes de Bordeaux.

MEMOIRES. [i65a] 35i

le Parlement et la meilleure partie du peuple, et en donnant lieu à plusieurs conjurations et à toutes les autres intelligences de la cour, qui ont enfin soustrait Bourdeaux au parti de Monsieur le Prince.

Je ne parlerai qu'en passant des sujets qui ont causé tant de désordres, et dirai seulement ^ , sans entrer dans le particulier de beaucoup de choses qui ne se peuvent écrire', que M. le prince de Q)nti, s'étant laissé persuader par ses gens, gagnés par le cardinal Mazarin, de. rompre ouvertement • avec Mme de LongueviUe sur des prétextes que la bienséance et l'intérêt du sang lui dévoient faire cacher, ils fomentèrent, en haine Tun de Tautre, la fureur de TOrmée, et sacrifièrent, en tant de rencontres, les plus grands avantages du parti à leurs passions et à leur aigreur particulière, qu'au lieu d'établir leur autorité, et de se rendre par là nécessaires à Monsieur le Prince, comme chacun d'eux en avoit le dessein, ils donnèrent cours aux désordres et aux séditions du peuple, qui furent si près de les envelopper, et qui les réduisirent enfin à la nécessité d'abandonner Monsieur le Prince et de recevoir ^ toutes les conditions que le Cardinal voulut' leur imposer.

Le duc de la Rochefoucauld, qui étoit persuadé, par plusieurs expériences, que leur commune grandeur dépendoit de leur union, s'étoit trouvé plus en état que

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