Ils prirent tous trois. {Ms, U^réd
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cent pas devant Monsieur le Prince, et le duc de la Rochefoucauld alloit après lui, à même distance, afin qu'étant averti par Tun des deux, il pût avoir quelque avantage pour se sauver. Ils n'eurent pas fait grand chemin en cet état, qu'ils entendirent des coups de pistolet du côté où étoit allé le valet de chambre vers CKâtillon, et, en même temps, ils virent paroître* quatre cavaliers, sur leur main gauche , qui marchoient au trot vers eux. Ils ne doutèrent point alors qu'ils ne fussent suivis, et, prenant le parti de les charger, ils tournèrent à eux, dans le dessein de se faire tuer plutôt que d'être pris; mais ils connurent que c'étoient* le comte de Gui-
I. **En même temps virent paroîtrc. (Ms. H, réd. a.) a. Mais ils reconnurent que c'ëtoit. {Ms, H, réd. a.) — A partir d'ici, jusqu'aux mots : c Tinrent au qui-Tive arec lui i (ai lignes plus loin, p. 364), I^ anciennes éditionf raccourcissent d'abord, puis rallongent cette partie du r^cit : c Mais s'en ëtant approches, ils reconnurent Chavaignac, qui les cherchoit arec trois* gentilshommes ; et tous ensemble arrivèrent à Chatillon sans aucun danger. Le prince de Condë y apprit des nouvelles de l'armëe, qu'il vouloit joindre, et sut qu'elle étoit vers Lorj, près de la forêt d'Orléans, & huit Jieues de Chatillon ; il sut encore qu'il y avoit dix ou douze chevaux légers de la garde du Roi et quelques officiers logés dans la ville de Chatillon ; et cela Tobligea d'en partir en diligence, sur la minuit^ avec un guide pour Lorj. Ce guide- pensa être cause de sa perte ; car, après avoir longtemps marché, il reconnut qu'il n'étoit qu'à une petite lieue de Gien : de sorte que, voulant quitter ce chemin- là pour prendre celui de Lory, Monsieur le Prince passa à trente pas du lieu où Sainte-Maure l'attendoit ; et, soit que celui-ci ne le connût pas, ou qu'il n'osât le charger, rien ne s'opposa à son passage, et il arriva à Lory, où il apprit des nouvelles certaines de son armée, qui n'étoit qu'à deux lieues de lui. Bien qu'il se cachât avec les mêmes précautions qu*il avoit fait ailleurs, il fut reconnu, et le duc de la Rochefoucauld aussi, par plusieurs habitants du lieu, desquels il y en avoit beaucoup qui étoient domestiques du Roi et de Monsieur. Mais cela lui servit, au lieu de lui nuire ; car il y en eut quelques-uns qui montèrent à cheval avec lui et l'accompagnè-
' Guitaat n'est pas, comme dans notre texte, nommé à part.
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taut et Chavaignac qui les cherchoient, avec deux autres gentilshommes. Monsieur le Prince', qui jugea bien que la rencontre de ces courriers que je viens de dire feroit indubitablement découvrir son passage, marcha en diligence à Chàtillon ; mais, comme il falloit faire ce jour-là trente-cinq lieues sur les mêmes chevaux, la nécessité de repaître le fit retarder quelques heures, et donna à Sainte-Maure le temps dontilavoit besoin pour le joindre : il ne le rencontra pas néanmoins, et il a dit même depuis qu'il avoit vu passer Monsieur le Prince et qu'il avoit évité de T attaquer.
Ce voyage de Monsieur le Prince fut plein , comme j'ai dit, d'aventures périlleuses, et les moindres l'exposèrent' à être pris par les troupes du Roi, ou à être tué. Il arriva néanmoins heureusement à Chàtillon ', où il apprit des nouvelles de l'armée qu'il vouloit joindre et sut qu'elle étoit à huit lieues de là, vers Lory ^, près
rent jusqu'à Farinée. Il en rencontra TaTant-garde dans le commencement de la forêt d'Orléans; quelques cavaliers Tinrent au quivire avec lui, mais, etc. i
I. Le passage qui suit jusqu^à la fin de Talinéa, se trouve plac^ plus haut, dans les anciennes éditions, de même que dans le ms. H et, par suite, dans l'édition de i8o4> Nous Pavons donné, avec les variantes des deux rédactionar du ms. H, dans la note 5 de la page 36o.
3. Étoit plein sans doute d'aventures si périlleuses que les moindres l'exposèrent. (Ms. H, réd. a.) — Dans la réd. i la phrase commence ainsi : « U est constant que Monsieur le Prince fit un vojrage plein d'aventures périlleuses, dont les moindres l'exposoient. — - Outre les Mémoires de Gourville^ que nous avons cités, mais qui ne rapportent pas ce qui s'est passé entre le départ de Gourville pour Paris et son retour, on peut voir encore sur cette chevauchée aventureuse de Monsieur le Prince : Particularités de la route de Monsieur le prince de Condé et le sujet de son retardement ^ apec le ptusage des troupes du cardinal Mazarin à Gien. Paris, iGSa, in<4^.
3. Et ainsi il (i^ sorte qu'il, réd. i) alla presque toujours de dangers en dangers jusques à Chàtillon. (Ms, H^ réd. i et ^.)
4> Lorris en Câlinais (Loiret), à cinq lieues de Montargis, au sudonest.
de la foret d'Orléans. Ayant marché^, avec toute la diligence possible, pour la joindre, il rencontra Tavantgarde de son armée', dont quelques cavaliers vinrent au qui-vive avec lui*. Mais l'ayant reconnu, ce fut une surprise et une joie pour toute Tannée qui ne se peut exprimer. Jamais elle n'avoit eu tant besoin* de sa présence ', et jamais elle ne Tavoit moins attendue. L'aigreur augmentoit tous les jours entre les ducs de Nemours et de Beaufort, et Ton voyoit périr avec certitude la seule ressource du parti, par la division des chefs, lorsque la présence du Boi et celle de son armée les devoit le plus obliger à préférer l'intérêt général * à leurs querelles particulières^. Il étoit trop important à Monsieur le Prince de les terminer, pour n'y travailler pas avec tout l'empressement imaginable', et il lui fut d'autant plus facile d'en venir à bout, que son arrivée, leur ôtant le commandement, leur ôtoit aussi la principale cause de leur jalousie et de leur haine. Monsieur le Prince fit marcher l'armée à Lory *, où elle se reposa un jour. Il s'en passa encore trois ou quatre, durant lesquels on alla à Montargis, qui se rendit sans résistance. On le quitta de bonne heure, parce qu'il *• étoit rempli de blé et de vin, dont on se pouvoit servir au besoin ", et aussi pour don-
I. Où étant arrivé. {Ms. H, réd, i).^~ A la ligne suivante, pour la foimdre manque dans la rëd. i.
a. Le i*"" avril i65a.