Sans que pas un pliât. {Ms. B^ réd.i et i
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sans renfoncer, de crainte qu*il ne fût soutenu par Tinfanterie dont ils entendoient les tambours : il y eut seulement quelques officiers et cavaliers qui avancèrent, et le prince de Marcillac , qui se trouva douze ou quinze pas derrière Tescadron qui plioit, tourna à un officier, et le tua d'un coup d'épée entre les deux escadrons. Monsieur le Prince, comme j'ai dit, arrêta le sien , et lui fit tourner tête aux ennemis. Cependant un autre escadron de trente maîtres passa le défilé ; il se mit aussitôt à sa tête, avec le duc de la Rochefoucauld, et, attaquant le maréchal d'Hocquincourt par le flanc, il le fit charger en tête par le premier escadron, où il a voit laissé le duc de Beaufort. Cela acheva de renverser les ennemis '. Une partie se jeta dans Bleneau, et on poussa le reste trois ou quatre Ueues vers Auxerre , sans qu'ils essayassent de se rallier. Ils perdirent tout leur bagage, et on prit trois mille chevaux. La déroute ' eût été plus grande, si Ton n'eût donné avis , à Monsieur le Prince que l'armée de M. de Turenne paroissoit'. Cette nou-
I. Retz (tome III, p. 36 1, éd. Ch.) nomme la Rochefoucauld dans ce combat da 6 avril comme s'ëtant signale. Mme de Motteville (tome III, p. 47$) écrit de son côte : c Le duc de la Rochefoucauld et le prince de Marcillac, son fils, y firent des actions qui auroient été dignes de louanges, s'il ëtoit possible d'en donner à des François qui, au lieu de servir le Roi, travailloient a le perdre. » Mademoiselle nous a conservé dans ses Mémoires (tome U, p. 38 et 39) une lettre que Condé lui écrivit le 8 avril, et où il parle aussi avec éloge, en des termes d'une concision toute militaire, de la conduite de la Rochefoucauld. Ce qui est certain, c'est que la cour, qui était à Gien, fut un instant fort alarmée et se tint prête à plier bagage.
a. ** Cette déroute. (Mf. if, réJ, i «/a.)
3. Turenne s'était borné d'abord à venir au milieu de la nuit, avec quelque infanterie, pour voir les choses par ses jeux et pour soutenir, s'il en était encore temps, le maréchal d'Hocquincourt, sans trop se mettre en peine d^une attaque qu'il croyait faite par le duo de Nemours; mais en apercevant, aux vestiges de la lutte, avec quelle
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vclle le fil retourner à son infanterie, qui s'étoît débandée pour piller, et, après avoir rallié ses troupes, il marcha vers M. de Turenne, qui mit son armée en bataille dans de fort grandes plaines ^ , et plus près que de la portée du mousquet* d'un bois de très-grande étendue, par le milieu duquel F armée de Monsieur le Prince devoit passer pour aller à lui. Ce passage étoit' assez large pour y pouvoir faire marcher deux escadrons de front; mais, comme il étoit fort marécageux, et qu'on y avoit fait plusieurs fossés pour le dessécher, on ne pouvoit arriver à la plaine qu'en défilant. Monsieur le Prince, la voyant occupée par les ennemis, jeta son inftmterie à droit* et à gauche dans le bois qui la bordoit, pour les en éloigner. Cela fit l'effet qu'il avoit désiré ; car M. de Turenne, craignant d'être incommodé par la mousqueterie, quitta son poste pour en aller prendre un qui étoit un peu plus éloigné , et plus élevé que celui de Monsieur le Prince •. Ce mouvement* fit croire à Monsieur le Prince qu'il se retireroit vers Gien, et qu'on le déferoit aisément dans le désordre de sa
hardiesse et quel ensemble rafTaire avait été conduite, il s*écria, ' dit-on : ff Ah ! Monsieur le Prince est arriy^ ; » et il prit alors s<frieosement ses dispositions. Voyez Y. Cousin, Madame de LonguevUle pendant la Fronde^ p. laa.
I. Entre Bleneau (Yonne) et Ozouer-sur-Trëz^e fLoiret), à la limite des départements actuels du Loiret et de T Yonne.
s. D*un mousquet, (iiff. iT, réd, i «f a.)