‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 46 sur 569 · De la gagner à le serrir. (1817, a · texte numérisé non relu

De la gagner à le serrir. (1817, a

6. Mme de Motteville, si impartiale toutes les fois que l'honneur de sa reine n'est pas en cause , assure (tome I, p. 5i) que le Cardinal s'était laissé toucher aux provoquants attraits de Mme de Chevreuse, et que ce n'était pas seulement par des raisons politiques qu'il désirait se concilier son ennemie. Lors de l'arrestation

• Il 7 aTtit ane branche de Laimoy de la Boissière.

la MÉMOIRES. [1627-1628]

à ses promesses pour ne se pas assurer par d*autres précautions. Il voulut en prendre même du côté du duc de Bouquinquan; et sachant qu'il avoit eu un long atta* chement, en Angleterre, pour la comtesse de Carlille ^, le Girdinal sut ménager si adroitement Tesprit fier et jaloux de cette femme, par la conformité de leurs sentiments et de leurs intérêts, qu'elle devint le plus dangereux espion du duc de Bouquinquan. L'envie de se venger de son infidélité et de se rendre nécessaire au Cardinal la portèrent à tenter toutes sortes de voies pour lui donner des preuves certaines de ce qu'il soupçonnoit de la Reine. Le duc de Bouquinquan étoit, comme j'ai dit*, galand' et magnifique; il prenoit beaucoup de soin de se parer aux assemblées; la comtesse de Carlille, qui avoit tant d'intérêt de l'observer, s'aperçut bientôt qu'il affectoit de porter des ferrets de diamants qu'elle ne connoissoit pas ^ ; elle ne douta point que la Reine * ne les lui eût donnés; mais pour en être encore plus assurée, elle prit le temps, à un bal, d'entretenir en particulier le duc de Bouquinquan, et de lui couper les ferrets, dans le dessein de les envoyer au Cardinal. Le duc de Bouquinquan s'aperçut le soir de ce qu'il avoit perdu, et jugeant d'abord que la comtesse de Carlille avoit pris les ferrets, il appréhenda les effets

de Chateauneuf, qui eut lieu pea de temps après (voyez plus loin, p. 19), on saisit un grand nombre de lettres où la duchesse racontait, en se moquant, au garde des sceaux, son adorateur, les empressements et les jalousies du Cardinal. Yojez V. Cousin, Madame de Cheyreuse^ p. 96 et suivantes.

I . Lucie, seconde fille du comte Henri de Northumberland, et seconde femme de lord Hay, comte de Carlisle, qui l'avait ëpousëe en novembre 161 7.

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