‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 471 sur 569 · I. Voyez les Mémo'res^ p. 9a et · texte numérisé non relu

I. Voyez les Mémo'res^ p. 9a et

3. Just-Louis de Toumon, tué au si^ge de Philipsbourg en i644« Son grand père avait ëpousë une fille de François III de la Rochefoucauld, le bisaïeul de notre auteur: voyez le P. Anselme^ tome IV, p. 4^8, et tome XI, p. 173. U avait laissé vacante une charge de maréchal de camp.

3. Gaston-Jean-Baptiste marquis de Roquelaure, né en 1617, maître de la garde-robe du Roi, lieutenant général en 1646, duc à brevet en i653, gouverneur de Guyenne en 1679, mort en mars i683. 11 reçut une blessure au passage du Rhin. Voyez sur lui les Hutortettet Je Tal/emani des Réaux^ tome V, p. 35a-368.

La R0CHRPOUCAIT1.D. Il 39

45o APOLOGIE DE M. LE PRINCE

reprocher d'avoir ruiné une affaire à laquelle il étoit en» gfkgé d'honneur. ^

Quoique tout le monde sût bien que la violence qui lui avoit ôté le gouvernement de Poitou * pouvoit lui faire prétendi'e de le retirer, aucun mouvement d'équité ni d'affection ne poussoit le Cardinal à lui en inspirer la moindre pensée. Mais, quand M. de la Tremoille ' fit de si grandes offres à M. de Parabère' que la cour eut peur que feu Monsieur le Prince n'entrât pour quelque chose en ce marché-là, alors le zèle de la justice commença à dévorer ce fidèle ami : il excita mon père au recouvrement de sa charge ; il maintint que ce seroit contre les bonnes mœurs de permettre à celui qui l' avoit acquise odieusement d'en tirer à notre préjudice un si grand profit ; et parce que nous n'avions en cela que le même droit que M. de Bassompierre avoit eu contré M. de la Giastre ^, et que nous n'étions pas disposés à le faire valoir de la même sorte, si on ne nous en donnoit

I. Le duc François Y de la Rochefoucauld sVtait d^mif, en 1 63 a, du gouTemement de Poitou, dont il était pourru depuis 1618. Voyez ['Histoire du Poitou^ par Thibaudeau (Niort, iSSq), tome III, p. 376 ; et Poitou et F'enJe'e, études historiques et artistiques , par B. Fillon et O. de Rocliebrune (Fontenay, 1861), tome I, p. 6S.

a. Sur la Trëmouille, prince de Tarente et de Talmont, duc de Thouars, voyez la note i de la page 294 des 3/e/noirr^, et, dans r//iu-> toire du Poitou, par Thibaudeau, tome II, p. ii3 et suivantes, le chapitre intitulé : Thouars, les seigneurs d*Amboise et de la Tremoille^ princes de Tarente, et les pièces justificatives, même tome, p. 443-44^*

3. Alexandre de Baudéan, comte de Pardaillan-Parabère, mort en 170a. c Le duc de la Rochefoucauld sVtant démis de la charge de gouverneur de Poitou, le comte de Parabère en fut pourvu. Il arriva à Poitiers le 6 juin i633. » {Histoire du Poitou, tome III, p. a76.) Voyez, sur la famille de Baudéan,le P. Anselme^Xome IX, p. 178, et Filleau de la Touche, Dictionnaire historique et généalo^ gique des familles de C ancien Poitou, 1 840-1 854, tome I, p. aa6.

4- Sur Bassompierre et la Châtre, voyez les Mémoires^ p. x8y note 8, et p. 87, note 3.

DE MARGILLAC. 45x

les mêmes moyens, il ofirit de faire rendre la chose pour le prix qu'on Favoit baillée, et d'en faire sortir encore une bonne partie des coffres du Roi; mais à peine la déclaration de M. de la Rochefoucauld eut-elle rompu le traité d'un autre, qu'on oublia les conditions qui l'avoient fait entendre à se déclarer : on reçut M. de Parabère à faire les siennes, comme pour une terre qui eût été de ^ sa maison depuis cinq cents ans. On eut aussi peu d'égard à la somme qu'à la manière des payements qu'il nous avoit contraints d'accepter; il fut dis* pensé de toutes les lois que lui-même avoit faites. On lui permit d'abord de demander tout en argent comptant, et, au lieu de tout ce qu'on avoit promis à mon père , on lui proposa pour cent mille livres d'assignations', sur quoi on n'eût pas trouvé cent pistoles, et le refusa-t-on de la survivance qu'il demandoit pour moi. Cependant il voyoit aussi peu de jour à se dédire honnêtement de son entreprise qu'à en venir à bout sans y être aidé ; mais pour éprouver si le temps feroit naître quelque facilité à l'un ou à l'autre, il fallut tirer en longueur cette négociation, et cette affaire étoit en ces termes-là quand la crainte de la ruiner me fit dissimuler la dernière offense que j'avois reçue. Cette discrétion fit bien que les choses n'empirèrent pas, mais elles n'en allèrent pas mieux ' : le Cardinal biaisa, selon sa cou-

Page 1