X. Dans la i»* édition i fen jugeoîs
a. Désiré, sans accord, dans le manuscrit; à la ligne suirante, il y a bien : c elles ne choquoient », au pluriel.
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vant déguiser ni confesser une vérité si claire et si contraire à son intention, il essaya de me faire prendre le change, et, sans répondre à ce que j'avois dit pour rétablissement de mon droit, il voulut me persuader de ne m'en servir pas. Mais je n*eus pas besoin des lumières que rintérét fait trouver même aux plus stupides, pour découvrir le foible de cet artifice et des moyens qu'il tenoit * pour y réussir ; car il ne me proposa rien de plus délicat que de mépriser ce que je n'avois pas obtenu, et ce qu'il fit d'abord pour m'y disposer fut d'exagérer, avec son éloquence italienne, la gloire de ma naissance, et de me soutenir qu'elle me mettoit fort audessus de ces choses-là; enfin on auroit dit, à l'ouïr parler, que c'étoit un grand avantage à ma femme de n'oser aller ou d'être obligée de se tenir debout en un lieu où trente autres femmes se trouvoicnt assises, et que tout le monde sauroit qu'il n'y a point de souverains dans la chrétienté qui ne soient sortis d'une fille de ma maison, dès qu'on verroit les filles de ma maison derrière des demoiselles, parmi lesquelles il y en a qui ne le sont même que médiocrement. De cette belle persuasion il passa à une autre de la même force, et pour me prouver que je ne de vois point m'arréter à l'heure à ce tabouret, il s'avisa d'une raison digne du principal génie de l'Etat, et qui sérieusement étoit merveilleuse par l'effronterie qu'il falloit avoir pour oser entreprendre de m'en payer; car il me dit, et comme un secret et comme un reproche, que ce que je desirois ne pouvoit me manquer avec le temps, par la dignité qui étoit dans notre famille, et m'en parla de si bon air que je fus sur le point de lui demander s'il venoit de faire mon père duc
I. Nous suivons le manuscrit; faut-il lire tentait? La première édition porte aussi tenait.
Là R0GHBVOUGA111.D. n 3o
et pair de France, on s'il avoit fort aidé à rendre les services qui loi avoient fait mériter de l'être, dix ans devant que la France eût oui seulement le nom de Mazarin ^ . Mais si je ne suivis en cela mon premier monvement, je ne laissai pas de le lui faire connoitre, en sorte qu*il fut obligé de répondre plus précisément, et de me conseiller de parler à la Reine. Or j'entends assez ce langage-là pour ne m'y laisser pas tromper, et pour ne changer pas un homme qui demeuroit d'accord de m' avoir promis, à une reine qui étoit pour moi en possession d'oublier ses promesses'. Aussi m'assura-t41 qu'il lui parleroit, et qu'il me rendroit réponse dans fort peu de jours. Cependant celle qu'il me fit faire fut qu'il n'en avoit point encore parlé, parce qu'il avoit jugé à propos que j'en parlasse moi-même, mais en sa présence, m'assurant qu'il m'en donneroit bientôt le moyen*, et celui de connoitre de quelle façon il me vouloit servir. Il s'acquitta fort bien de la dernière partie de sa promesse, par le peu de soin qu'il prit de s'acquitter de l'autre, et tout ce qu'il me procura auprès de la Reine fut le commandement d'aller en Poitou, aussitôt que la cour eut quitté Paris pour aller à Saint-Germain ^; car, lui ayant représenté que rien ne pressoit dans mon gouvernement et que j'avois beaucoup d'affaires à la cour, elle me répondit d'abord que je sa vois bien qu'il n'y avoit point d'argent; et, sur ce que
I. Voyez, dans le P. Anselme^ tome IV, p. 4i4~4i7t 1& teneur des lettres d'ërection du comte de la Rochefoucauld en duché-pairie (i6ia). C'est en i633 que Mazarin fut yice-lëgat à Arignon.
3. Changer un homme qui..,, à une reine qui, etc., c'est-à-diiv c adressant ailleurs ma demande, passer d*iin homme qui.... à une reine qui, etc. »
3. Dans la i'« édition : c qu*il m'en donneroit bien tout le moyen, i
4* Voyez les Mémoires^ p. io4*
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je reparus qu'on pouvoit au moins me donner des assignations, et me contenter sur des choses d'une autre nature, elle me répliqua, d'un ton décisif, que ce n'étoit pas le temps de parler d'affaires. Ainsi je reconnus véritablement de quelle façon le Cardinal me vouloit servir, ou, pour mieux dire, je tirai de sa mauvaise volonté et de sa mauvaise foi toutes les convictions que j'avois jugées nécessaires pour le contraindre d'approuver luimême le ressentiment que je devois avoir de l'une et de l'autre. Cependant il se trouve qu'il parle de moi comme s'il m'avoit tiré de dessus l'échafaud pour me mettre dessus le trône, et que je ne me fusse souvenu de la grandeur et de la gloire où sa protection m'auroit élevé, que pour l'accabler des misères et des infamies dont cette même protection m'auroit garanti.
Si ce procédé-là est d'un homme d'honneur, ou d'un homme qui s'est trop bien trouvé de ne l'être pas pour en vouloir jamais faire profession, j'en laisse le jugement à celui qui aura pris la peine de voir ce discours. Je n'y ai rien oublié volontairement de toutes les offenses qui ont dû m'animer contre lui. S'il veut pourtant me faire souvenir de quelqu'une que j'aie omise, je lui promets de l'avouer de bonne foi, et je ne lui nierai pas même que je n'aie bien cru que celui qui aimoit mieux découvrir sa propre vergogne que de manquer à me rendre ses mauvais offices, ne me les a pas épargnés quand il a eu lieu de m'en faire sans que j'eusse lieu de les lui imputer. Mais quel avantage peut-il prendre des injures que j'ai reçues de lui? Quelle jurisprudence lui apprend qu'un crime se mette à couvert par un autre crime, et qu'un homme dût être absous, d'un assassinat, s'il ne l'a voit commis que devant des témoins à chacun desquels il pourroit prouver d'avoir fait d'autres violences ? Je sais bien que si l'outrage reçu