‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 510 sur 569 · De leurs charges. (i66a-i · texte numérisé non relu

De leurs charges. (i66a-i

rio8 APPENDICE AUX MÉMOIRES.

qui servît à faire cesser ces assemblées; M. le duc d'Orient, le Premier Président* et le président de Mesmes* en représentoicnt la conséquence préjudiciable à la paix générale; que* les ennemis s*en figuroient un triomphe qui les rétabliroit de leurs pertes passées; et néanmoins le Roi aroit autorisé tous les arrêts que la Compagnie avoit donnés ; mais ces roies de douceur étoient mal interprétées et passoient pour des marques de foiblesse et de crainte, qui rendoient les ennemis du Cardinal plus fiers et plus actifs à le pousser. En ce temps-là *, Monsieur le Prince commandoit Tarmée du Roi en FJandre; il avoit pris Ypres"; mais, durant le siège, les Espagnols avoient surpris Courtraj*, et remporté d'autres petiu avantages : or, comme son génie est puissant et heureux â k guerre, il trouva Tannée d*Elspagne, le vingt-unième' d'août, dans les plaines d'Arras et de Lens, la combattit, et obtint une victoire célèbre*. Le duc de Chatillon*, qui s'j étoit glorieusement signalé, vint de sa part en porter la nouvelle*® à la cour. Le conseil du Roi regarda ce grand succès comme un coup du Ciel, dont il se falloit prévaloir pour arrêter le cours des désordres que le temps et la patience augmentoient, et résolut de s'assurer de ceux du Parlement qui étoient les plus animés, principalement de Broussel'*, conseiller de la grand chambre , personnage d'une ancienne probité, de médiocre suffisance, et qui avoit vieilli dans la haine des favoris. Ce bon homme, inspiré par ses propres sentiments et par les persuasions de Longueil et d'autres qui avoient pris créance dans son esprit, ouvroit les avis les plus vigoureux '*, qui étoient suivis de la cabale des Frondeurs : de sorte que son nom faisoit bruit dans les assemblées des chambres, et il s'étoit rendu chef de ce parti dans

I. « Mathieu Mole, qui fut fait garde dt% tceauz en i65i, homme de et qui ne deroit sa fortune qu'à sa Tertu et à sa capacité. » {IS^ote de V édition de 1688.)

a. Sur de Mesmes, Toyes ci-dessus, p. 346, note 5. — Une note de 1688 le caractérise ainsi : « Homme de cour et tout Maiarin. »

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