‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 544 sur 569 · II. De la traiter · texte numérisé non relu

II. De la traiter

nemi de TEtat. En effet, Vautorte*, envoyé par la cour vers les ministres d^Espagne en Flandre, pour insinuer quelques propositions de paix, n'avoit pas été. favorablement écouté, et ils penchoient*da côté du Parlement pour relever ce parti qui alloitàson déclin, bien que * ces offres de TArchiduc au parti de Paris, lesquelles il exécutoit par son entrée effective en France, accompagné de deux agents du prince de Conti avec quinze * mille hommes, donnant une juste appréhension à la cour, Tavoit fait tout d'un coup résoudre d'accommoder Taffaire de Paris. D*autre part, les dispositions pour la paix n'étoicnt pas moins puissantes dans le parti contraire ; la nécessité des vivres augmentoit dans Paris ; les taxes étoient consommées ; la difficulté très-grande d'avoir de l'argent" ; leurs troupes dépérissoiont, ou par l'avarice des officiers, ou par le peu de subsistance ; peu * de satisfaction de leurs généraux ; leurs armes décréditées : enfin le dégoût avoit saisi la plupart des esprits, ou par les incommodités', ou parce que c'est le naturel des peuples de se lasser promptement de la guerre qu'ils ont entreprise* avec le plus de chaleur*. Le Premier Président et le président de Mesmes, qui avoient toujours agi de concert secrètement avec les ministres pendant tous ces mouvements, se servoient avec adresse de ces dispositions pour mettre en avant un traité de paix; et, comme ils furent députés avec d'autres pour porter à la Reine la lettre de l'Ârchiduc et la créance de son envoyé, et justifier la Compagnie de l'avoir entendu, mais aussi qu'elle n'avoit pas voulu délibi'rer sur la réponse sans savoir ses volontés, ils avoient eu'® une conférence, à pari des autres députés, avec M. le duc d'Orléans et Monsieur le Prince, dans laquelle agitant la paix ensemble, et eux insistant ** sur l'ouverture des passages, les Princes leur avoient promis que l'on en déboucheroit un aussitôt que le Parlement donneroit un plein pouvoir à ses députés pour traiter la paix. Or, quoique cette conférence secrète fit murmurer le Parlement et les

I. François Gmget, sieur de Yautorte, agent fJiplonutiqoe de Biazarin, avocat général au grand conseil, puis conseiller d'État. Cette négociation de Yantorte est du mois de férrier 1649*

a. Etpenchoit. (1804, a6, 33.)

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