Avec beaucoup de bonté, de marques d*estime
5. Marie de Hautefort, fille du marquis Charles de Hautefort, et de Renée de Bellay, de la maison de la Flotte Hauterîve. Elle fut reçue en i6a8, dès Tâge de douze ans, parmi les filles d^honneur de Marie de Médicis. Mme de Motteville, qui fait son portrait au tome I de ses Mémoires (p. 40), dit (p. 49) qu*après la journée des Dupes, Louis XIII fit présent à Anne d^Autricbe de Mlle de Hautefort, c qu^il avait ôtée à la Reine sa mère, et de Mme de la Flotte sa grand^mère pour dame d^atour. Quelque temps après, il donna à cette belle personne la survivance de cette charge, afin qu*elle pût avoir le titre de dame. » Deux fois disgraciée, en 1640 et en 1644* ^Ue épousa, en 1646, Charles de Schomberg, duc d^Halluin, pair et maréchal de France. Elle mourut en 1691. Voyez Madame de Hautefort, par V. Cousin. — Les éditions antérieures écrivent d Hautefort, qui est aussi Torthographe du nom dans le registre des mariages de Téglise Saint-Sulpice pour l'année 1646. La nôtre est celle du manuscrit D.
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jeune et d^une beauté sutprenanté : elle avoit ooiip de vertu et de fidélité pour ses amis; elle éloit particulièrement attachée à la Reine et ennemie -du Cardinal. Le Roî avoit paru amoureux d*elle, presque aussitôt qu elle étoit sortie de renfanoe ; mais, comme cet amour ne ressembloit pas à celui des autres hom-> mes, la vertu de cette jeune personne ne fut jamais at* taquée ^. Elle acquit plus de réputation que de bien dans le cours de cette galfinterîe, et le Roi lui témoH grioit plus de passion par de longues et pénibles assi-» duités et par sa jalousie, que par les grâces qu'il lui fai«> soit. Elle me parloit de tous ses intérêts et de tous ses sentiments avec une confiance entière, bien que je fusse fort jeune ; et elle obligea ^ la Reine à me dire toutes dioses sans réserve. Mlle de Qiemerault, fille de la Reine ', étoit fort jeune et d'une beauté admirable ; les agréments de son esprit ne plaisoient pas moins que sa beauté; elle étoit gaie, vive, moqueuse, mais sa raiUeriç étoit toujours fine et délicate. La Reine Taimoit ; elle étoit amie particulière de Mlle de Hautefort et la mienne, et elle contribuoit encore à notre liaison ^. De moindres
I. Sur ce» platoniqaes amourt de Louis XIII, Toyez le» Mémoi» res de Montgïai (tome I, p. ^38), qui dit de même : « L'amour do Roi n*ëtoit pas comme celui des autres hommes ; » ceux de Mademoi^ êilie, tome I, p. 39-4 ii «t- de Mme de Mot teviiie^ tome I, p. 40 ^t 41 •
a. Bien que je fusse fort jeune; elle obligea. (1617, 36, 38.)
3. Françoise de Barbeiière, demoiselle de Chemerault, ëpoon en 1644 Macé Bertrand, seigneur de la Bazinière, trésorier de !'&pargne. Taliemant des Aéaax (tome IV, p. 4*9) dit qu*on rappelait U belle Gmuse,
4- fifieux informé, la Rochefoucauld eât ajouté à sa peinture quelques traits moins flatteurs. Mlle de Chemerault avait été Teftpionne du cardinal de Richelieu auprès de la Reine et de Mme de Hautefort. Voyez les Mémoires de la Porte y p. 393 et 394* ot V. Gouêin, Madame de Hautefort (chapitre n, p. 4^ et 46, et ^pf^ dice^ p. 35i et soiTantet).
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raisons auroient suffi pour éblouir un homme qui n^avoit presque ^ jamais rien vu, et pour Tentratuer dans un chemin si opposé à sa fortune. Cette conduite m* attira bientôt Faversion du Roi et du Cardinal, et commença une longue suite de disgrâces, dont ma vie a été agitée, et qui m*ont donné souvent plus de part qu'un particulier n^en devoit avoir à des événements considérables; mais, comme je ne prétends pas écrire Thistoire, ni parler de moi que dans ce qui a du rapport aux personnes avec qui j*ai été hé d'intérêt et d'amitié, je ne toucherai que les choses où j'ai été mêlé, puisque le reste est assez connu.
La guerre fut déclarée au roi d'Espagne en l'année i635, et les maréchaux de Chàtillon ' et de Brezé * entrèrent en Flandres, avec une armée de vingt mille hommes, pour se joindre au prince d'Orange ^, qui commandoit celle de Hollande ; il étoit généralissime, et ces deux corps assemblés faisoient plus de quarante mille hommes. Devant cette jonction, l'armée du Roi seule avoit gagné la bataille d'Avéne * et défait les troupes d'Es-