Que je ne pouvois me dispenser. (Jbidem
Sa MÉMOIRES. [1637]
|MÎai Qraft\ gentilhomme anglois, de tes amis et des iniens, de l'avertir de ma part qu'on m'aroit défendu de la voir, et qu'il étoit nécessaire qu'elle envoyât un homme sûr, par qui je lui pusse mander ce que je n'osois lui aller dire A Tours. Elle fit ce que je desirois, et elle fut informée de tout ce que la Reine avoit dit au Qiancelier, et de la parole qu'il avoit donnée i la Reine, qu'elle et Mme de Qievreuse seraient désormais en repos, à condition de n'avoir plus aucun commerce ensemble.
Cette tranquillité ne leur dura pas longtemps, par une méprise bizarre, qui replongea Mme de Qievreuse dans des disgrâces qui l'ont accompagnée pendant dix ou douze ans, et qui ont causé les miennes particulières, par un enchaînement d'accidents que je n'ai pu éviter. Pendant que Monsieur le Chancelier interrogeoit la Reine à Chantilly, et qu'elle craignoit le plus le succès' de cette afiaire, elle craignoit aussi que Mme de Chevreuse ne s'y trouvât embarrassée; et Mlle deHautefort étoit con-
I . Craf dans les éditions antérieures ; il y a Craftt dans notre manuscrit. — Le oomte Guillaume Craft ayait été enrojé en France par le roi et la reine d'Angleterre, arec lord Montaigu, dont il sera question plus loin. L'un et l'autre passèrent à Paris la fin de l'année i634; puis ils allèrent successivement consoler en Touraine la duchesse de Cheyreuse, qui avait déjà fait leur conquête à Londres en i6a5 : Craft était alors page de la reine Henriette-Marie. V. Cousin parle assez longuement de ce galant gentilhomme dans Madame de Chtpreuse (p. 1 15 et suivantes), et donné de curieux extraits de lettres passionnées que Craft, après son départ, adressa de Calais et de Londres à la belle exilée. Gounrille le mentionne dans ses Mémoires (p. 869 et 870), à la date de i663 : « Je trouvai aussi en ce pajs-là {en JngUterre) le milord Craff, qui avoit été fort des amis de M. de la Rochefoucauld à Paris, et à qui j'arois même prêté quelque argent, qu'il m^avoit rendu depuis le rétablissement du Roi.... Le milord Craff nous mena à une trèsjolie maison de campagne qu'il avoit à dix milles de LondreS| sur le bord de la Tamise. »