‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 97 sur 569 · N'ayant eu d'autres intérêts. {Ibidem · texte numérisé non relu

N'ayant eu d'autres intérêts. {Ibidem

5. Dans la querelle pour le gouvernement de Bretagne, que Richelieu avait comme légué au maréchal, et que prétendait la maison de Vendôme. Cette affaire partagea toute la cour en deux camps. « M. de Marcillac, dit la Chutre (p. 189), ayant obligation au premier, et voyant son père dans son parti, étoit prêt à s*y mettre aussi; mais, en ayant parlé à la Reine, elle lui commanda de s'offrir à M. de Beaufort, et lui en parla comme de la personne du monde pour qui elle avoit autant {sic) d'estime et d*affection. »

Tempécher de remarquer qu'elle défendoit à ses serviteurs de voir son premier ministre. Je de vois soupçonner qu'elle ne me disoit pas les plus véritables raisons ; mais peut-être aussi qu'elle ne les connoissoit pas assez ellemême alors * pour me les pouvoir dire.

Cependant le cardinal Mazarin s'établissoit tous les jours auprès de la Reine, par sa propre industrie et par celle de ses amis. Ses bonnes et ses mauvaises qualités ont été assez connues et assez publiées, pendant qu'il a vécu et après sa mort, pour me dispenser de les écrire : je ne parlerai que de celles que j'ai remarquées dans les occasions où j'ai eu quelque chose à traiter avec lui. Son esprit étoit grand, laborieux, insinuant et plein d'artifice; son humeur étoit souple; on peut dire même qu'il n'en avoit point, et que, selon son utilité, il savoit feindre toutes sortes' de personnages. Il savoit éluder les prétentions de ceux qui lui demandoient des grâces, en leur en faisant espérer de plus grandes *, et il leur accordoit souvent par foiblesse ce qu'il n'avoit jamais eu intention de leur donner. Il avoit de petites vues, même dans ses plus grands projets ; et, au contraire du cardinal de Richelieu, qui avoit l'esprit hardi et le cœur timide ^, le cardinal Mazarin avoit plus de hardiesse dans le cœur que dans l'esprit. Il cachoit son ambition

I. jélors n'est pas dans les éditions antérieures, a. Toute sorto. (1817, a6, 38.)

3. « Le fort de M. le cardinal Mazarin ëtoit proprement de rarauder, de donner à entendre, de faire espërer ; de jeter des lueurs, de les retirer; de donner des vues, de les brouiller. 1 (Afémotres Je ReiZy édition Champollion, tome III, p. SgS et 394) — « C'ëtoit ime des meilleures maximes de ce cardinal de ne se liuter pas dans la distribution des grâces, parce qu'ordinairement le temps le tiroit d'affaire. » {Mémoires de Bttssy Rabutin^ tome I, p. i35.)

4. « Il étoit.... bardi dans ses projets, timide pour sa personne », a écrit plus haut (p. 3) la Rochefoucauld, en parlant de Richelieu.

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et son avarice sous une modération affectée ^ : il déclaroit qu'il ne desiroit* rien pour lui, et que toute sa famille étant en Italie, il vouloit adopter pour ses parents tous les serviteurs de la Reine, et chercher également sa sûreté et sa grandeur à les combler de biens'.

Je voyois diminuer la confiance que la Reine avoit eue pour le duc de Beaufort et pour Tévéque de Beauvais. Elle commençoit à craindre Thumeur rude et altièrc du duc de Beaufort. Il ne se contentoit pas d'appuyer les prétentions du duc de Vendôme contre le maréchal de la Meilleraye pour le gouvernement de Bretagne ; il appuyoit^ encore les espérances, quelque mal fondées qu'elles pussent être, de tous ceux qui s'attachoient à lui, et il se vantoit même de son crédit aux dépens de la réputation de la Reine. Elle sa voit cette conduite et elle en étoit vivement aigrie * ; mais elle ménageoit encore le duc de Beaufort, et ne pouvoit se résoudre de * l'abandonner si peu de temps après qu'elle lui avoit confié ses enfants ''. Le cardinal Mazarin profitoit avec

I. Rapprochez du portrait si injuste et si dur trace par Retz, tome I, p. i83-a87.

a. Qu^il ne vouloit. (1817, a6, 38.)

3. Si Mazarin eut jamais ces idëes, il en revint plus tard; il appela en France ses nombreuses nièces, et mit tout en œuvre pour leur assurer de brillantes alliances et pour combler d'honneurs et de biens leurs maris. Consultez Touvrage de M. Amédëe Renëe, les Nièces de Mazarin,

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