diémoirt»^ p. a8 et
La Rochefoucauld. 1 n
xYiii NOTICE BIOGRAPHIQUE
la suite d'un interrogatoire en règle, la Reine consentit à îaàrt amende honorable, et Mme d'Aiguillon acheva d'apaiser U Cardinal son oncle. Mais le départ précipite de Mme de Ghevreuse, qui était du complot, et qui prit l'alarme sur un malentendu, vint gâter, au dernier moment, les affaires de Mar* cillac. Quelque mystère que celui-ci y eût mis, le Cardinal connut la part qu'il avait eue à la fuite de la duchesse. Mandé à Paris pour rendre compte de sa conduite, le favori de la Reine ne craignit pas de heurter Richelieu par ses réponaet, et le Ministre, impatienté plus encore qu'irrité, l'envoya pour huit jours à la Bastille *• a Ce peu de temps que j'y demeurai, dit la Rochefoucauld avec une exagération égoïste qui fait sourire, me représenta plus vivement que tout ce que j'avois yu jusqu'alors l'image affreuse de la domination du Cardinal ; » et il se félicite d'être sorti si vite de prison « dans un temps o& personne n'en sortoit*. » C'est que Richelieu l'avait mesuré
I. Nous lUons dans les Mémoires de Richelieu (tome III, p. a3s, édition Michaud et Poujoulat) : a Le président Yignier interrogea le prince de Marcillac, qui fut ensuite mis dans la Bastille, pour les fortes apparences qu*il y avoit quUl avoit eu connoissance de son dessein (le dessein dt Mme de Chevreuse) et qu*il Ty avoit assistée ; mais, à peu de jours de là, la bonté du Roi fut telle qu*il lui pardonna et le fit remettre en liberté, d — Sur toute cette aTenture de la fîiite de Mme de Cbevreuse, voyez, outre les Mémoires ^ p. 3 3-40, Xuf^ pendice i de notre tome III, lettre 3 (avec les annexes A et B), et lettre 4, p. a3i-a43.
a. Mémoires^ p. 38 et 40. — Voici Tordre d^emprisonnement enyoyé par le comte de Charigny :
« A M. du Tremblay, gouTemeur de la Bastille, pour receyoirà la Bastille M. de Marcillac. — Monsieur, le Roi ayant commandé à M. de Marcillac d*aller à la Bastille pour avoir fiût quelque chose qui lui a déplu, je vous écris le présent billet de la part de Sa Majesté, afin que vous le receviez. Vous aurez soin, s*il vous plaît, de le bien loger et lui donner la liberté de se promener sur la terrasse. Je suis. Monsieur, votre très-humble serviteur. Chavighy. — A Ruel, ce mardi 29 octobre 1637. d
(Dépôt des affaires étrangères, France, tome 86, fol. i38.)
V. Cousin, qui transcrit également cet ordre dans Tappendice du chapitre m de Madame de Chevreuse (p. 435), fait remarquer avec raison que, Marcillac n^étant parti pour Paris qu*après le is no-
SUR LA ROCHEFOUCAULD. xix
d'un regard et n'avait pas cru découvrir en lui un adversaire bien redoutable. La Rochefoucauld, dans ce passage de ses Mémoires^ a beau enfler son personnage, il ne réussit point à as fiùre proidre au sérieux. La Meilleraye et Chavigny le dépagnent au Cardinal comme une sorte de Jehan de Saintré qui n'a d^aalre politique que sa galanterie ; lui-même, il s'avoue tel involcHitaireoient, lorsqu'il nous dit que la secrète approbation de la Reine, bs « marques d'estime et d'amitié » de Mlle de Eaotefort, la reconnaissance de Mme de Chevreuse l'ont trop bien payé de ses disgrâew*.
Aussi le voyons-nous suj^rter a avec quelque douceur ^ » on nouvel exil de deux ans à Verteuil. Là où un homme d'action véritable eût rongé son firein^ Mardllac prend vo- Icmtiers son parti : « Jfétois jeune, dit-il,... j'étois heureux dans ma famille, j'avois à souhait tous les plaisirs de la campagne ; les provinces voisines étoient remplies d'exilés, et le rapport de nos fortunes et de nos espérances rendoit notre eommerce agréable'. » Au reste, l'exil ne paraît pas avoir été bien rigoureux : dans une lettre à son oncle, M. de Liancourt ^, notre auteur, nous apprend qu'il vint à Paris en septembre i638, pour les aCGdres de la succession de sa bellemère, Mme de Mirebeau; 6'est à ce voyage que se place une réclamation de pierreries par Mme de Chevreuse *.
De retour à l'armée, en juin 1689, il se distingue, entre es volontaires de qualité, par sa valeureuse conduite, aux combats de Saint -Yenant-sur-Lys et du fort Saint - Nicolas (le 4 et le a4 août)*; si bien que le] Cardinal, après l'avoir puni, songe à le récompenser : le maréchal de la Meilleraye lui offre, de sa part, « de le faire servir de in^réchal de camp''. A Un mérite militaire même plus haut que celui de
Tembre, il fiiat, à la date, lire nopemhre, au lieu d*octohre^ oa supposer que Tordre arait été donné d'aTance : Toyez à Y appendice i de notre tome III, p. a4^*