I. Le grand Condé
a. c Leurs beaux succès. » {Édition de M. de Barthélemjr,) 3. M. de Barthélémy met à Tindicatif, au lieu des infinitifs qaî se lisent au manuscrit : c sauvent PÉiat.... contribuent à le détraire, et se servent; s puis, un peu plus loin : c M. de Turenne sui9oit, i
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les événements et les faire servir à sa gloire * . La foiblesse des armées qu'ils ont commandées dans les dernières
I. Saint-Éyremond a laissé également (QEuvres^ Londres, 179$, tome y, p. 85 et suivantes) un Parallèle de Monsieur le Prince et de M. de Turenne, dont voici quelques passages : c Vous trouverez en Monsieur le Prince la force du génie, la grandeur de courage, une lumière vive, nette, toujours présente. M. de Tnrenne a les avantages du sang-frotd, une grande capacité, une longue expérience, une valeur assurée. Celui-là, jamais incertain dans les conseils, irrésolu dans ses desseins, embarrassé dans ses ordres, prenant toujours son parti mieux qu*homme du monde; celui-ci, se faisant un plan de sa guerrç, disposant toutes choses à sa fin, et les conduisant avec un esprit aussi éloigné de la lenteur que de la précipitation. L'activité du premier se porte au delà des choses nécessaires, pour ne rien oublier qui puisse être utile : Tautre, aussi agissant qu'il le doit être, n'oublie rien d'utile, ne fait rien de superflu.... Monsieur le Prince, plus agréable à qui sait lui plaire, plus fâcheux à qui lui déplaît {Saint-Éyremond en savait quelque chose), plus sévère quand on manque, plus touché quand on a bien fait ; M. de Turenne, plus concerté, excuse les fautes sous le nom de malheurs, et réduit souvent le plus grand mérite à la simple louange de faire bien son devoir.... Quelque ardeur qu'ait Monsieur le Prince pour les combats, M. de Turenne en donnera davantage, pour s*en préparer mieux les occasions ; mais il ne prend pas si bien dans Taction ces temps imprévus qui font gagner pleinement une victoire ; c'est par là que ses avantages ne sont pas entiers.... Monsieur le Prince a les lumières plus présentes, et l'action plus vive ; il remédie lui-même à tout, rétablit ses désordres, et pousse ses avantages.... Tout ce que dit, tout ce qu'écrit, tout ce que fait M. de Turenne, a quelque chose de trop secret pour ceux qui ne sont pas assez pénétrants. On perd beaucoup de ne le comprendre pas assez nettement, et il ne perd pas moins de n'être pas assez expliqué aux autres. La nature lui a donné le grand sens, la capacité, le fond du mérite, autant qu'à homme du monde, et lui a dénié ce feu du génie, cette ouverture, cette liberté d'esprit, qui en fait l'éclat et l'agrément.... La Tertu (yojrez la note suivante) de Monsieur le Prince n*a pas moins de lumière que de force;... mais, à dire la vérité, elle a moins de suite et de liaison que celle de M. de Turenne : ce qui m'a fait dire, il y a longtemps {ce parallèle est de ifiyS; mais Saint-Évremond le retoucha en 1688), que l'un est plus propre à finir glorieusement des actions, l'autre à terminer utilement une guerre. >
La Rochefoucauld, i si
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campagnes, et la puissance des ennemis qui leur étoient opposés, ont donné de nouveaux sujets à Tun et à Tautre de montrer toute leur vertu *, et de réparer par leur mérite tout ce qui leur manquoit pour soutenir la guerre. La mort même de M. de Turenne* si convenable' à une si belle vie, accompagnée de tant de circonstances singulières, et arrivée dans un moment si important, ne nous parott-elle pas comme un effet de la crainte et de rincertitude de la fortune, qui n'a osé décider de h destinée de la France et de l'Empire ? Cette même fortune, qui retire Monsieur le Prince du comimandement des armées , sous le prétexte de sa santé , et dans un temps où il de voit achever de si grandes choses, ne se joint-elle pas à la nature pour nous montrer présentement ce grand homme dans une vie privée, exerçant des vertus paisibles, et soutenu de sa propre gloire? Brille-t-îi^ moins dans sa retraite qu'au milieu de ses victoires * ?
I . Vertu f dans le sens du latin pirtus, c force » (tant de l'esprit que du cœur), et par suite c mérite. > — Voyez, dans la citation de la note précédente, le mot employé de même par Saint-ÉYremond.
a. On sait que Turenne fut tué d'un coup de canon, le 17 juillet 1675, près de Salzbach. Grâce à de sayantes manœuvres, il Tenait d'attirer sou célèbre adversaire, Montecuculi, sur un terrain où celui-ci ne pouvait éviter, dit-on, une déroute complète, qui eÀt décidé de cette guerre. — Voyez, plus haut, la Notice des Réflexumt diverses^ p. 374, note 3. — Mme de Sévigné nous apprend (tome IV, p. 81) que la Rochefoucauld fut très-affligé de la mort de Torenne.